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Le tsunami de la présidentielle

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Le tsunami de la présidentielle

Le tsunami de la présidentielle

L’élection présidentielle n’a pas encore eu lieu. Elle est déjà un tsunami qui bouleverse le paysage politique. Notamment les partis dits de gouvernement. Et ce n’est pas fini…

L’autodestruction du Parti socialiste.

Ne tient pas seulement au manque de résultats de la politique suivie pendant son mandat par François Hollande.
La coïncidence de la durée des mandats, cinq ans, du président de la République et des députés, voulue par Lionel Jospin, a piégé François Hollande. Le septennat présidentiel lui aurait permis de continuer à présider comme François Mitterrand dans une cohabitation éventuelle de deux ans qui lui aurait, peut-être, permis de reconstituer sa popularité et de se présenter pour un nouveau mandat.

Son échec à faire reculer le chômage, notamment chez les jeunes, priorité affichée de son quinquennat, la faiblesse de sa cote de popularité dans les sondages et la pression d’ambitieux amis l’a conduit à ne pas se représenter.

Par un optimisme excessif, il a attendu le dernier moment pour prendre sa décision. Ce qu’avait fait François Mitterrand pour se débarrasser de ses concurrents éventuels et notamment de Michel Rocard. Mais, appliquant la même tactique, se prononcer le plus tard possible mais en renonçant, il a contribué à retarder, exagérément, la primaire du parti socialiste et de ses alliés. Il a empêché une préparation sérieuse, au niveau équipe, programme, matériel… des candidats à sa succession.
C’est particulièrement visible dans l’impréparation de Benoît Hamon qui est obligé d’ajuster, en quelques semaines, son programme après des annonces flamboyantes mais insuffisamment élaborées.
Jean-Luc Mélenchon ayant annoncé, très tôt, sa candidature a eu plus d’un an pour élaborer, collectivement, son programme et les moyens de sa campagne.

Lors de la tardive primaire du PS et de ses alliés, Manuel Valls, premier ministre qui se croyait le prétendant légitime à la charge présidentielle, a suivi son président dans le désamour populaire. Et subi un cuisant échec.
Dans une primaire réservée aux adhérents socialistes, François Hollande et Manuel Valls avaient une chance, si on en croit les sondages. La primaire étant ouverte, de nombreux électeurs de gauche de 2012 déçus par François Hollande et son influent premier ministre se sont déplacés pour éliminer Manuel Valls même s’ils pensaient ne pas voter pour le vainqueur de cette primaire, lors du scrutin présidentiel.

Au delà des promesses et des serments d’ivresse préélectorale, il est évident que l’opposition de Benoît Hamon au gouvernement ne pouvait qu’entraîner une opposition de nombreux ministres à sa candidature. Face à l’indiscipline partidaire de Benoît Hamon, dans son soutien au gouvernement Valls et à ses critiques, l’indiscipline dans le soutien et la critique de nombreux ministres à sa candidature n’a rien d’étonnant. Ils pouvaient difficilement se flageller par Benoît Hamon interposé !

Ainsi, Benoît Hamon se trouve abandonné sur sa droite par ceux auxquels il s’est opposé quand ils étaient au gouvernement et, sur sa gauche, par ceux qui l’ont soutenu, seulement pour éliminer Manuel Valls.

Il ne fait pas de doute que cette primaire, éliminatoire pour le président de la République, pour l’ancien premier ministre et autres anciens ministres, fera l’objet de nombreuses réflexions au PS maintenu quel qu’il soit. Après son adoption triomphale en 2012 et sa nouvelle édition moins glorieuse en 2017, il n’est pas sûr qu’une primaire du même type soit organisée en 2022…

Les résultats de cette primaire ont touché, par ricochet, Jean-Luc Mélenchon. Il pensait avoir comme adversaire François Hollande ou Manuel Valls. La désignation de Benoît Hamon, par le tout sauf Manuel Valls, avec la participation de certains de ses partisans, a perturbé sa campagne et lui a fait perdre, probablement, quelques points.

 

Le tsunami de la présidentielle

La droite dans la tourmente

Après le succès de la primaire socialiste de 2012, la droite a repris la méthode. Là encore avec des résultats inattendus. D’abord l’élimination dès le premier tour de de l’ancien président de la République et de quelques anciens ministres. Avec l‘aide de certains électeurs de gauche qui ont apporté leur bulletin à Alain Juppé et leur obole à François Fillon. Décidément, le billard politique est un art difficile.

Mais l’histoire n’était pas terminée et, au second tour, un ancien premier ministre, déjà condamné par la justice mais favori de de la gauche, du centre et du tout politique était sèchement éliminé par le sévère, sérieux, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, soutenu par la droite catholique.
Finalement un honnête notable, mis en examen, aux multiples déclarations contradictoires et inexactes, est proposé pour succéder à un mis en examen qui avait choqué la bonne société par son coté clinquant. Pour conduire, sans états d’âme, une politique vraiment de droite.

Avec quelques troubles parmi ses soutiens. Mais par sa repentance toute chrétienne et sa persévérance toute diabolique, François Fillon a su retourner la situation. S’il n’a pas devant lui l’avenue vers l’Élysée, largement ouverte, qui lui était promise, il reste toujours dans la course. Il a réussi à être le candidat, mal aimé peut-être, d’une droite dure.
Quel que soit le résultat de l’élection, l’aventure Fillon, les aventures Fillon, pèseront sur l’avenir de la droite.

Le tsunami de la présidentielle

D’autres changements s’installent dans le paysage politique.

Les commentateurs ont répété, pendant des années, que le système électoral français, notamment le scrutin uninominal à deux tours pour la présidentielle et les législatives, structurait les échéances électorales et bloquait l’émergence de tout autre offre politique.

Pourtant, dans les autres démocraties occidentales, quel que soit le mode de scrutin, avec ou sans élection présidentielle, la situation est peu différente : travaillistes/conservateurs au Royaume-Uni, CDU-CSU/SPD en Allemagne, Démocrates/Républicains aux États-Unis…

Paradoxalement, il y a quelque temps que la France, échappant à ce schéma, est passé du bipartisme au tripartisme PS, LR et… FN. Sauf à reprendre le discours du FN, UMPS/FN. Ce qui serait plus applicable à l’Allemagne avec une Grande coalition, CDU-SPD qui n’a pas, encore favorisé l’émergence d’une troisième force crédible, ni libérale, ni verte, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche.

Enfin, qui peut dire aujourd’hui quelle configuration va s’installer en France avec l’apparition, en plus des FN, LR et PS, de En-Marche et de la France insoumise ?

Tout ne dépend pas seulement de l’élection présidentielle qui va désigner deux concurrents à l’issue du premier tour et un seul président. Mais aussi des élections législatives qui vont renouveler très fortement la composition de l’Assemblée nationale. Avec une importante dispersion des candidatures, au risque d’une assemblée sans majorité.
Dispersion de la droite et du centre, dispersion des PS, dispersion de Gauche de Gauche, inconnu d’En-Marche.

Ce renouvellement du personnel politique lors des législatives sera accentué par les effets de la loi sur le non cumul des mandats. De nombreux députés-maires choisiront de conserver leur mandat local en sacrifiant un mandat de député devenu incertain pour beaucoup de sortants.

Le tsunami de la présidentielle

Pour terminer sur une note optimiste, on peut espérer qu’il en sortira un rajeunissement et une féminisation de l’Assemblée nationale. Avec un degré d’optimisme supplémentaire, des parlementaires qui, connaissant la législation anti-corruption et sentant la diligence des juges seront plus scrupuleux dans l’utilisation des deniers de l’impôt.
Pour cela, les électeurs ont un rôle à jouer : sanctionner les candidats mis en examen. Ce serait un tsunami dans le tsunami !

Le tsunami de la présidentielle

The tsunami of the presidential election

The presidential election has not yet taken place. It is already a tsunami that is disrupting the political landscape. Notably the so-called parties of government. And it’s not over…

The self-destruction of the Socialist Party.

It is not only due to the lack of results of the policy followed during his tenure by François Hollande. The coincidence of the five-year term of office of the President of the Republic and the deputies, willed by Lionel Jospin, trapped Francois Hollande. The presidential septennat would have allowed him to continue presiding like François Mitterrand in a possible cohabitation of two years which would perhaps have allowed him to reconstitute his popularity and to run for a new term.

His failure to reduce unemployment, particularly among young people, the priority of his five-year term, his low popularity in polls and the pressure of ambitious friends led him not to stand for re-election.

By excessive optimism, he waited for the last moment to make his decision. What had François Mitterrand done to get rid of his possible competitors and especially Michel Rocard. But, applying the same tactic, to pronounce as late as possible but by renouncing, it contributed to delay, exaggeratedly, the primary of the socialist party and its allies. It prevented serious preparation, at the team, program, material … level of the candidates for his succession.

This is particularly visible in the unpreparedness of Benoît Hamon who is obliged to adjust, in a few weeks, his program after flamboyant advertisements but insufficiently elaborated.
Jean-Luc Mélenchon announced very early and his candidacy had more than one year to collectively develop his program and the means of his campaign.

During the late primary of the PS and its allies, Manuel Valls, prime minister who believed himself the legitimate pretender to the presidential post, followed his president in popular desamor. And suffered a terrible failure.
In a primary reserved for socialist members, François Hollande and Manuel Valls had a chance, according to polls. Primary being open, many left-wing voters of 2012 disappointed by François Hollande and his influential prime minister moved to eliminate Manuel Valls even though they thought not to vote for the winner of this primary, during the presidential ballot.

Beyond the promises and the oaths of pre-electoral intoxication, it is clear that Benoît Hamon’s opposition to the government could only lead to opposition from many ministers to his candidacy. Faced with the party’s indiscipline of Benoît Hamon, in his support for the Valls government and its critics, the indiscipline in the support and criticism of many ministers to his candidature is not surprising. They could hardly flagellate themselves by Benoît Hamon interposed!

Thus Benoît Hamon finds himself abandoned on his right by those to whom he opposed when they were in government and, on his left, by those who supported him, only to eliminate Manuel Valls.

There is no doubt that this primary, elimination for the President of the Republic, for the former prime minister and other former ministers, will be the subject of many reflections to the maintained PS whatever it is. After its triumphant adoption in 2012 and its less glorious new edition in 2017, it is not certain that a similar primary will be organized in 2022 …

The results of this primary have touched, by ricochet, Jean-Luc Mélenchon. He thought he had Francois Hollande or Manuel Valls as his opponent. The designation of Benoît Hamon, by all but Manuel Valls, with the participation of some of his supporters, disrupted his campaign and probably lost a few points.

The right in the turmoil

After the success of the socialist primary of 2012, the right has resumed the method. Again with unexpected results. First the elimination in the first round of the former president of the Republic and some former ministers. With the help of some left-wing voters who brought their newsletter to Alain Juppé and donated it to François Fillon. Clearly, political billiards is a difficult art.

But the story was not over and, in the second round, a former prime minister, already condemned by the judiciary but a favorite of the left, the center and the political whole, was dryly eliminated by the severe, serious, former collaborator of Nicolas Sarkozy, supported by the Catholic right. Finally a notable honest, investigated, with multiple contradictory and inaccurate statements, is proposed to succeed a defendant who had shocked the good society by its flimsy side. To drive, without states of mind, a truly right-wing policy.

With some disturbances among his supporters. But by his Christian repentance and his diabolical perseverance, Francois Fillon knew how to turn the situation around. If he did not have the large avenue, open to the Elysee, which was promised to him, he always remains in the race. He managed to be the candidate, perhaps unloved, of a hard right. Whatever the result of the election, the Fillon adventure, the Fillon adventures, will weigh on the future of the right.

Other changes are taking place in the political landscape.

Commentators have reiterated for years that the French electoral system, notably the uninominal ballot for two presidential and legislative elections, structured the electoral deadlines and blocked the emergence of any other political offer.

However, in other Western democracies, whatever the method of voting, with or without a presidential election, the situation is very different: Labor / Conservatives in the United Kingdom, CDU-CSU / SPD in Germany, Democrats / Republicans in the United States…

Paradoxically, some time ago, France, escaping this scheme, moved from the bipartisan to the tripartism PS, LR and … FN. Except to take again the speech of the FN, UMPS / FN. What would be more applicable to Germany with a Grand Coalition, CDU-SPD which has not yet fostered the emergence of a third credible force, neither liberal nor green, nor extreme right, nor extreme left.

Finally, who can say today what configuration will settle in France with the appearance, in addition to the FN, LR and PS, En-Marche and The Unbridled France?

Everything depends not only on the presidential election that will appoint two competitors at the end of the first round and only one president. But also of the legislative elections which will renew very strongly the composition of the National Assembly. With a large dispersion of candidates, at the risk of a Assembly without majority. Dispersion of the right and the center, dispersion of the PS, dispersion of Left of Left, unknown of En-Marche.

This renewal of the political staff during the legislative elections will be accentuated by the effects of the law on the non-cumulation of the mandates. Many deputy mayors will choose to retain their local mandate by sacrificing a deputy mandate that has become uncertain for many leavers.

To conclude on an optimistic note, one can hope that a rejuvenation and a feminization of the National Assembly will emerge. With an additional degree of optimism, parliamentarians who, knowing the anti-corruption legislation and feeling the diligence of judges, will be more scrupulous in the use of tax dollars. For this, the voters have a role to play: penalize the charged candidates. It would be a tsunami in the tsunami!

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