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Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour de cette élection présidentielle (2) : Emmanuel Macron, ancien banquier, champion de l’alignement sur les politiques européennes a le soutien d’Angela Merkel ; Marine Le Pen, opposée à l’Union est soutenue par toutes les forces européennes d’extrême droite.

Les deux partis de gouvernement, Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), qui ont successivement conduit la même politique depuis des années, sont exclus, officiellement et pour la première fois, du second tour d’une présidentielle. Mais tous leurs dirigeants apportent, paradoxalement, leur soutien à Emmanuel Macron, ancien conseiller, ancien ministre et candidat de François Hollande. Qui n’a pu se présenter à cette élection à cause d’une opposition aussi importante dans son parti qu’à droite et surtout à cause d’une impopularité inédite pour un président sortant !

Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron reçoit le soutien de la droite et de la gauche qui confirme bien qu’il y a une continuité politique quel que soit le gouvernement et sa couleur affichée. Cette politique aboutit à un progrès des résultats de la firme Le Pen à chaque élection présidentielle. Et il n’y a aucune raison pour que cela change.
Avec presque 7,6 millions de voix et 21,53 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen a obtenu le meilleur résultat de l’extrême droite à une présidentielle, en progression par rapport à ses résultats de 2012, 17,9 % et à ceux de Jean-Marie Le Pen, 16,9 % à l’élection présidentielle de 2002.
A terme, l’indifférence au mécontentement de la population, la certitude d’être dans le vrai quoi que disent les urnes, ici ou ailleurs, la persévérance sans infléchissement de la politique menée, conduit à creuser un fossé de plus en plus profond entre les politiques et les peuples. Qui, un jour ou l’autre, risque d’être explosif.

Cette élection présidentielle a connu de nombreuses premières, autant d’avertissements : un président de la République qui ne se représente pas en fin de mandat ; une première primaire de la droite qui élimine un ancien président de la République au premier tour et un ancien premier ministre au second ; une primaire de la gauche qui élimine plusieurs anciens ministres au premier tour et un ancien premier ministre au second ; un premier tour de la présidentielle qui élimine un ancien premier ministre de droite et un ancien ministre de gauche ; un premier tour qui voit arriver en tête du scrutin, un jeune candidat, sans aucun mandat électif, sans parti politique, se réclamant de l’extrême centre, entraînant dans son sillage une kyrielle d’anciens ministres et premiers ministres, permettant à François Bayrou de réaliser enfin son rêve centriste par personne interposée et de se faire un trou ministériel à défaut d’un mandat présidentiel, ce qu’il n’avait pas réussi en 2012.
Le dégagisme n’est pas seulement le fait de la France insoumise !

L’irruption du vote Mélenchon qui s’est invité dans la cour des Grands, montre que les choses pourraient changer. Ses résultats témoignent d’une progression importante, il passe de 11,1 % en 2012 à 19,6 % en 2017.
Mais cela n’a pas été suffisant. C’est donc un échec relatif par rapport au but recherché : il n’a pas réussi à détourner, à son profit, comme il se le proposait, une nombre significatif d’électeurs de Marine Le Pen et il n’arrive pas au second tour. Au niveau européen, le premier résistant de gauche à la politique austéritaire n’a probablement pas atteint le seuil nécessaire pour faire des émules. Même si la France insoumise constitue avec Podemos en Espagne une des rares forces organisées d’opposition de gauche à la politique des États de l’Union.

Quant aux petits candidats, deux se distinguent : à droite, Nicolas Dupont-Aignant qui avec ses 4,75 % aide l’obstiné François Fillon à n’arriver qu’en troisième position ; à gauche, Benoît Hamon avec le soutien douteux, on pourrait dire négatif, de son parti et l’alliance de EELV obtient les plus mauvais résultats du PS depuis sa création et retrouve presque les résultats de Gaston Defferre à la présidentielle de 1969 (5%).

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Pour le PS comme pour l’UMP, les lendemains du scrutin sont aussi douloureux avec des règlements de compte pour définir la ligne du parti et pour désigner les candidats aux élections législatives qui auront lieu dans quelques semaines.
Les résultats définitifs n’étaient pas encore annoncés que le procès en responsabilité de François Fillon était lancé. Par lui-même d’abord mais avec une autre tonalité que lors de la manifestation du Trocadéro. Ce n’était pas repentance absolution. Peut-être, repentance retraite ?  Aujourd’hui, les dents des jeunes loups qui avaient commencé à grincer au moment du doute, apparaissent sans fard.

Au PS, les choses ont commencé plus discrètement. Mais il est déjà question d’un nouveau congrès d’Épinay. Autour de qui ? Sur quelle ligne ? Il y a peu de chances que ce soit autour du candidat Benoît Hamon et de sa ligne. Alors, deux partis ? Un parti social-libéral et un parti social-écologiste ?

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il ressort de ce scrutin une accentuation de clivage entre les villes et les campagnes qui votent plus à droite. Mais la droite a laissé échapper une présidence qui lui était largement promise après un quinquennat que François Hollande a avoué indéfendable devant ses électeurs mais il a, d’une certaine façon, repris la main en contribuant à l’élection de Emmanuel Macron qui va continuer sa politique.
La droite a été exclue de la course à la présidence mais l’ensemble des voix de droite et d’extrême droite est largement supérieure à celui des voix de gauche, sauf à considérer toutes les voix de Macron comme des voies de gauche ! (3)

La désignation des candidats pour les législatives est la prochaine tourmente. Ce sont les législatives qui donneront ou non, au président de la République, les moyens de gouverner. Rien n’est acquis. C’est, probablement, au FN qu’il y aura le moins de remous. Même s’il peut y avoir, au-delà des concurrences ou des sentiments personnels, des divergences entre ceux qui veulent faire cavalier seul et ceux qui pensent que, pour arriver au pouvoir, il faut des alliances et donc des compromis.

Par contre, il faut s’attendre à d’âpres combats pour les places dans toutes les autres familles politiques.
Juppéistes et sarkozystes sont déjà à la manœuvre mais l’élimination de François Fillon fait naître de grands espoirs chez les quinquagénaires.
Il est fort probable que le PS va se déchirer et que les apparatchiks vont tout faire pour éliminer les frondeurs.
En marche va bénéficier du dynamisme des résultats électoraux mais souffrir des ralliements hétéroclites de notables qui ne veulent pas rester sur la touche.
Il y a fort à parier que le nombre de candidats, avec ou sans investiture d’un parti ou mouvement, sera élevé, dans chaque circonscription.

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il y a peu de chances qu’il en soit autrement parmi les soutiens de Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant, il peut aussi bénéficier d’une certaine dynamique à la suite de ses résultats. Surtout dans les villes, ces résultats peuvent faire espérer une présence significative à l’Assemblée nationale, à condition qu’il y ait des candidats uniques dans chaque circonscription et que les déchirements ne soient pas les mêmes que dans les autres familles politiques.
Est-ce possible ? C’est nécessaire pour que les résultats de Jean-Luc Mélenchon à ce premier tour de la présidentielle ne soit pas le chant du cygne de la gauche.

On peut déjà regretter que Jean-Luc Mélenchon, au-delà de la déception de ne pas être présent au second tour, n’ait pas trouvé dans les résultats plus qu’honorables obtenus, la force, dés dimanche soir, de lancer un appel mobilisateur pour les législatives en continuation de la campagne présidentielle.

Les résultats de la présidentielle ne l’ont pas qualifié pour le second tour mais qualifient la France insoumise pour les troisième et quatrième tours et pour être la charpente de la gauche nouvelle, française d’abord et peut-être européenne.

1 – http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-la-presidentielle.html

2 – JDD 7h16, résultats quasi-définitifs, Emmanuel Macron 23,75%, Marine le Pen 21,53%, Fillon 19,91%, Mélenchon 19,64%, Hamon 6,35%. Nicolas Dupont-Aignan 4,75%, Jean Lassalle 1,22%, Philippe Poutou 1,10%, François Asselineau 0,92%, Nathalie Arthaud 0,65%, Jacques Cheminade 0,18%. Le taux d’abstention s’est élevé à 21,31%.

3 – Droite : Le Pen, 21,53, + Fillon 19,91 % + Dupont-Aignan 4,75 % +Lassalle 1,22 % + Asselineau 0,92 % + Cheminade 0,18 % : soit 48,51 %
Gauche : Mélenchon 19,64 % +Hamon 6,35 %, Pouto 1,1, Arthaud 0,45 : soit 27,74 %

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !
In English

This is only the beginning, the tsunami (1) continues!

Emmanuel Macron and Marine Le Pen will be in the second round of this presidential election (2): Emmanuel Macron, former banker, champion of alignment on European policies has the support of Angela Merkel; Marine Le Pen, opposed to the Union is supported by all European extreme right-wing forces.

The two parties of government, the Socialist Party (PS) and the Republicans (LR), which have successively led the same policy for years, are excluded, officially and for the first time, from the second round of a presidential. But all their leaders paradoxically bring their support to Emmanuel Macron, former councilor, former minister and candidate of François Hollande. Who was unable to stand for election because of such an important opposition in his party as on the right and especially because of an unprecedented unpopularity for an outgoing president!

Facing Marine Le Pen, Emmanuel Macron receives the support of the right and the left, which confirms that there is a political continuity irrespective of the government and its displayed color. This policy leads to an improvement of the results of the firm Le Pen in each presidential election. And there is no reason for it to change.
With Le Pen’s best-ever extreme right-wing outcome at the presidential election, with an estimated 7.6 million votes and 21.53 percent of the votes cast, it was up from 17.9 percent in 2012, Those of Jean-Marie Le Pen, 16.9% in the 2002 presidential election.
In the long run, the indifference to the discontent of the population, the certainty of being in the real world, whatever the ballot boxes say here or elsewhere, the perseverance without any change in the policy pursued, leads to a deepening gap between Politicians and peoples. Which, one day or the other, is likely to be explosive.

This presidential election has seen many firsts, so many warnings: a President of the Republic who does not re-elect at the end of his mandate; A first primary of the right that eliminates a former president of the Republic in the first round and a former prime minister in the second; A left-wing primary that eliminates several former ministers in the first round and a former prime minister in the second; A first round of the presidential election that eliminates a former right-wing prime minister and a former left-wing minister; A young candidate, without any elective mandate, without a political party, claiming himself from the extreme center, bringing in his wake a series of former ministers and prime ministers, allowing Francois Bayrou To finally realize his centrist dream by interposed person and to make a ministerial hole in the absence of a presidential mandate, which he had not succeeded in 2012.
The degagism is not only the fact of France rebellious!

The emergence of the vote Mélenchon who invited in the court of the Great, shows that things could change. Its results show a significant increase, going from 11.1% in 2012 to 19.6% in 2017.
But that was not enough. It is therefore a relative failure with regard to the aim sought: he did not succeed in diverting a significant number of voters from Marine Le Pen to his advantage, as he proposed, and he does not arrive at the second round. At the European level, the first left-wing resistance to the austerity policy probably did not reach the threshold necessary to emulate. Even if France rejects with Podemos in Spain one of the few organized forces of opposition of the left to the policy of the States of the Union.

As for the small candidates, two are distinguished: on the right, Nicolas Dupont-Aignant who with its 4.75% helps the obstinate François Fillon to arrive in third position; On the left, Benoît Hamon with doubtful support, one could say negative, of his party and the alliance of EELV obtains the worst results of the PS since its creation and almost finds the results of Gaston Defferre in the presidential of 1969 (5% ).

For the PS as for the LR, the aftermath of the elections are also painful with settlements to define the party line and to designate the candidates in the legislative elections that will take place in a few weeks.
The definitive results had not yet been announced that the trial of responsibility of François Fillon was launched. By himself at first but with a different tone than at the time of the Trocadero. It was not repentance absolution. Perhaps repentance retreat? Today the teeth of the young wolves, who had begun to squeak at the moment of doubt, appear unprepared.

At PS, things started more discreetly. But it is already a question of a new congress of Epinay. Around whom? On which line? It is unlikely that it will be around candidate Benoît Hamon and his line. So two parties? A social-liberal party and a social-ecologist party?

The result of this election is an accentuation of a cleavage between the towns and the countryside, which vote more to the right. But the right has let escape a presidency which was widely promised to him after a quinquennium that Francois Hollande confessed indefensible before his voters but he has, in a certain way, taken the hand in contributing to the election of Emmanuel Macron who will continue his politics.
The right was excluded from the race for the presidency but all the right and far right votes is far superior to that of the left voices, except to consider all the voices of Macron as left lanes! (3)

The appointment of candidates for the legislative elections is the next turmoil. It is the legislative elections that will or will not give the President of the Republic the means to govern. Nothing is acquired. It is probably at the FN that there will be the least disturbance. Even though there may be, beyond competition or personal feelings, differences between those who want to go it alone and those who think that in order to reach power, alliances and compromises are necessary.

On the other hand, we must expect bitter fighting for places in all the other political families.
Juppeists and sarkozysts are already in the maneuver but the elimination of François Fillon gives rise to great hopes in the fifty years old people.
It is very likely that the PS will tear and that the apparatchiks will do everything to eliminate the slingers.
On the march will benefit from the dynamism of the electoral results but suffer from the heterogeneous rallies of notables who do not want to remain on the sidelines.
It is likely that the number of candidates, with or without the nomination of a party or movement, will be high in each constituency.

It is unlikely that it will be otherwise among the supporters of Jean-Luc Mélenchon.

However, it can also benefit from a certain dynamic as a result of its results. Especially in the cities, these results can hope to have a significant presence in the National Assembly, provided there are unique candidates in each constituency and that the rifts are not the same as in other political families.
Is it possible ? This is necessary so that the results of Jean-Luc Mélenchon in this first round of the presidential election is not the song of the swan of the left.

We can already regret that Jean-Luc Mélenchon, beyond the disappointment of not being present in the second round, did not find in the results more than honorable obtained, the strength, on Sunday evening, to launch a call Mobilizer for the legislative elections in continuation of the presidential campaign.

The results of the presidential elections did not qualify him for the second round but qualify France unbridled for the third and fourth rounds and to be the framework of the new left, French first and possibly European.

1 – http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-l-presidentielle.html

2 – JDD 7:16, quasi-definitive results, Emmanuel Macron 23.75%, Marine le Pen 21.53%, Fillon 19.91%, Mélenchon 19.64%, Hamon 6.35%. Nicolas Dupont-Aignan 4.75%, Jean Lassalle 1.22%, Philippe Poutou 1.10%, François Asselineau 0.92%, Nathalie Arthaud 0.65%, Jacques Cheminade 0.18%. The abstention rate stood at 21.31%.

3 – Right: Le Pen, 21.53, + Fillon 19.91% + Dupont-Aignan 4.75% + Lassalle 1.22% + Asselineau 0.92% + Cheminade 0.18%: 48.51%
Left: Mélenchon 19.64% + Hamon 6.35%, Pouto 1.1, Arthaud 0.45: 27.74%

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Le tsunami de la présidentielle

In english below
Le tsunami de la présidentielle

Le tsunami de la présidentielle

L’élection présidentielle n’a pas encore eu lieu. Elle est déjà un tsunami qui bouleverse le paysage politique. Notamment les partis dits de gouvernement. Et ce n’est pas fini…

L’autodestruction du Parti socialiste.

Ne tient pas seulement au manque de résultats de la politique suivie pendant son mandat par François Hollande.
La coïncidence de la durée des mandats, cinq ans, du président de la République et des députés, voulue par Lionel Jospin, a piégé François Hollande. Le septennat présidentiel lui aurait permis de continuer à présider comme François Mitterrand dans une cohabitation éventuelle de deux ans qui lui aurait, peut-être, permis de reconstituer sa popularité et de se présenter pour un nouveau mandat.

Son échec à faire reculer le chômage, notamment chez les jeunes, priorité affichée de son quinquennat, la faiblesse de sa cote de popularité dans les sondages et la pression d’ambitieux amis l’a conduit à ne pas se représenter.

Par un optimisme excessif, il a attendu le dernier moment pour prendre sa décision. Ce qu’avait fait François Mitterrand pour se débarrasser de ses concurrents éventuels et notamment de Michel Rocard. Mais, appliquant la même tactique, se prononcer le plus tard possible mais en renonçant, il a contribué à retarder, exagérément, la primaire du parti socialiste et de ses alliés. Il a empêché une préparation sérieuse, au niveau équipe, programme, matériel… des candidats à sa succession.
C’est particulièrement visible dans l’impréparation de Benoît Hamon qui est obligé d’ajuster, en quelques semaines, son programme après des annonces flamboyantes mais insuffisamment élaborées.
Jean-Luc Mélenchon ayant annoncé, très tôt, sa candidature a eu plus d’un an pour élaborer, collectivement, son programme et les moyens de sa campagne.

Lors de la tardive primaire du PS et de ses alliés, Manuel Valls, premier ministre qui se croyait le prétendant légitime à la charge présidentielle, a suivi son président dans le désamour populaire. Et subi un cuisant échec.
Dans une primaire réservée aux adhérents socialistes, François Hollande et Manuel Valls avaient une chance, si on en croit les sondages. La primaire étant ouverte, de nombreux électeurs de gauche de 2012 déçus par François Hollande et son influent premier ministre se sont déplacés pour éliminer Manuel Valls même s’ils pensaient ne pas voter pour le vainqueur de cette primaire, lors du scrutin présidentiel.

Au delà des promesses et des serments d’ivresse préélectorale, il est évident que l’opposition de Benoît Hamon au gouvernement ne pouvait qu’entraîner une opposition de nombreux ministres à sa candidature. Face à l’indiscipline partidaire de Benoît Hamon, dans son soutien au gouvernement Valls et à ses critiques, l’indiscipline dans le soutien et la critique de nombreux ministres à sa candidature n’a rien d’étonnant. Ils pouvaient difficilement se flageller par Benoît Hamon interposé !

Ainsi, Benoît Hamon se trouve abandonné sur sa droite par ceux auxquels il s’est opposé quand ils étaient au gouvernement et, sur sa gauche, par ceux qui l’ont soutenu, seulement pour éliminer Manuel Valls.

Il ne fait pas de doute que cette primaire, éliminatoire pour le président de la République, pour l’ancien premier ministre et autres anciens ministres, fera l’objet de nombreuses réflexions au PS maintenu quel qu’il soit. Après son adoption triomphale en 2012 et sa nouvelle édition moins glorieuse en 2017, il n’est pas sûr qu’une primaire du même type soit organisée en 2022…

Les résultats de cette primaire ont touché, par ricochet, Jean-Luc Mélenchon. Il pensait avoir comme adversaire François Hollande ou Manuel Valls. La désignation de Benoît Hamon, par le tout sauf Manuel Valls, avec la participation de certains de ses partisans, a perturbé sa campagne et lui a fait perdre, probablement, quelques points.

 

Le tsunami de la présidentielle

La droite dans la tourmente

Après le succès de la primaire socialiste de 2012, la droite a repris la méthode. Là encore avec des résultats inattendus. D’abord l’élimination dès le premier tour de de l’ancien président de la République et de quelques anciens ministres. Avec l‘aide de certains électeurs de gauche qui ont apporté leur bulletin à Alain Juppé et leur obole à François Fillon. Décidément, le billard politique est un art difficile.

Mais l’histoire n’était pas terminée et, au second tour, un ancien premier ministre, déjà condamné par la justice mais favori de de la gauche, du centre et du tout politique était sèchement éliminé par le sévère, sérieux, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, soutenu par la droite catholique.
Finalement un honnête notable, mis en examen, aux multiples déclarations contradictoires et inexactes, est proposé pour succéder à un mis en examen qui avait choqué la bonne société par son coté clinquant. Pour conduire, sans états d’âme, une politique vraiment de droite.

Avec quelques troubles parmi ses soutiens. Mais par sa repentance toute chrétienne et sa persévérance toute diabolique, François Fillon a su retourner la situation. S’il n’a pas devant lui l’avenue vers l’Élysée, largement ouverte, qui lui était promise, il reste toujours dans la course. Il a réussi à être le candidat, mal aimé peut-être, d’une droite dure.
Quel que soit le résultat de l’élection, l’aventure Fillon, les aventures Fillon, pèseront sur l’avenir de la droite.

Le tsunami de la présidentielle

D’autres changements s’installent dans le paysage politique.

Les commentateurs ont répété, pendant des années, que le système électoral français, notamment le scrutin uninominal à deux tours pour la présidentielle et les législatives, structurait les échéances électorales et bloquait l’émergence de tout autre offre politique.

Pourtant, dans les autres démocraties occidentales, quel que soit le mode de scrutin, avec ou sans élection présidentielle, la situation est peu différente : travaillistes/conservateurs au Royaume-Uni, CDU-CSU/SPD en Allemagne, Démocrates/Républicains aux États-Unis…

Paradoxalement, il y a quelque temps que la France, échappant à ce schéma, est passé du bipartisme au tripartisme PS, LR et… FN. Sauf à reprendre le discours du FN, UMPS/FN. Ce qui serait plus applicable à l’Allemagne avec une Grande coalition, CDU-SPD qui n’a pas, encore favorisé l’émergence d’une troisième force crédible, ni libérale, ni verte, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche.

Enfin, qui peut dire aujourd’hui quelle configuration va s’installer en France avec l’apparition, en plus des FN, LR et PS, de En-Marche et de la France insoumise ?

Tout ne dépend pas seulement de l’élection présidentielle qui va désigner deux concurrents à l’issue du premier tour et un seul président. Mais aussi des élections législatives qui vont renouveler très fortement la composition de l’Assemblée nationale. Avec une importante dispersion des candidatures, au risque d’une assemblée sans majorité.
Dispersion de la droite et du centre, dispersion des PS, dispersion de Gauche de Gauche, inconnu d’En-Marche.

Ce renouvellement du personnel politique lors des législatives sera accentué par les effets de la loi sur le non cumul des mandats. De nombreux députés-maires choisiront de conserver leur mandat local en sacrifiant un mandat de député devenu incertain pour beaucoup de sortants.

Le tsunami de la présidentielle

Pour terminer sur une note optimiste, on peut espérer qu’il en sortira un rajeunissement et une féminisation de l’Assemblée nationale. Avec un degré d’optimisme supplémentaire, des parlementaires qui, connaissant la législation anti-corruption et sentant la diligence des juges seront plus scrupuleux dans l’utilisation des deniers de l’impôt.
Pour cela, les électeurs ont un rôle à jouer : sanctionner les candidats mis en examen. Ce serait un tsunami dans le tsunami !

Le tsunami de la présidentielle

The tsunami of the presidential election

The presidential election has not yet taken place. It is already a tsunami that is disrupting the political landscape. Notably the so-called parties of government. And it’s not over…

The self-destruction of the Socialist Party.

It is not only due to the lack of results of the policy followed during his tenure by François Hollande. The coincidence of the five-year term of office of the President of the Republic and the deputies, willed by Lionel Jospin, trapped Francois Hollande. The presidential septennat would have allowed him to continue presiding like François Mitterrand in a possible cohabitation of two years which would perhaps have allowed him to reconstitute his popularity and to run for a new term.

His failure to reduce unemployment, particularly among young people, the priority of his five-year term, his low popularity in polls and the pressure of ambitious friends led him not to stand for re-election.

By excessive optimism, he waited for the last moment to make his decision. What had François Mitterrand done to get rid of his possible competitors and especially Michel Rocard. But, applying the same tactic, to pronounce as late as possible but by renouncing, it contributed to delay, exaggeratedly, the primary of the socialist party and its allies. It prevented serious preparation, at the team, program, material … level of the candidates for his succession.

This is particularly visible in the unpreparedness of Benoît Hamon who is obliged to adjust, in a few weeks, his program after flamboyant advertisements but insufficiently elaborated.
Jean-Luc Mélenchon announced very early and his candidacy had more than one year to collectively develop his program and the means of his campaign.

During the late primary of the PS and its allies, Manuel Valls, prime minister who believed himself the legitimate pretender to the presidential post, followed his president in popular desamor. And suffered a terrible failure.
In a primary reserved for socialist members, François Hollande and Manuel Valls had a chance, according to polls. Primary being open, many left-wing voters of 2012 disappointed by François Hollande and his influential prime minister moved to eliminate Manuel Valls even though they thought not to vote for the winner of this primary, during the presidential ballot.

Beyond the promises and the oaths of pre-electoral intoxication, it is clear that Benoît Hamon’s opposition to the government could only lead to opposition from many ministers to his candidacy. Faced with the party’s indiscipline of Benoît Hamon, in his support for the Valls government and its critics, the indiscipline in the support and criticism of many ministers to his candidature is not surprising. They could hardly flagellate themselves by Benoît Hamon interposed!

Thus Benoît Hamon finds himself abandoned on his right by those to whom he opposed when they were in government and, on his left, by those who supported him, only to eliminate Manuel Valls.

There is no doubt that this primary, elimination for the President of the Republic, for the former prime minister and other former ministers, will be the subject of many reflections to the maintained PS whatever it is. After its triumphant adoption in 2012 and its less glorious new edition in 2017, it is not certain that a similar primary will be organized in 2022 …

The results of this primary have touched, by ricochet, Jean-Luc Mélenchon. He thought he had Francois Hollande or Manuel Valls as his opponent. The designation of Benoît Hamon, by all but Manuel Valls, with the participation of some of his supporters, disrupted his campaign and probably lost a few points.

The right in the turmoil

After the success of the socialist primary of 2012, the right has resumed the method. Again with unexpected results. First the elimination in the first round of the former president of the Republic and some former ministers. With the help of some left-wing voters who brought their newsletter to Alain Juppé and donated it to François Fillon. Clearly, political billiards is a difficult art.

But the story was not over and, in the second round, a former prime minister, already condemned by the judiciary but a favorite of the left, the center and the political whole, was dryly eliminated by the severe, serious, former collaborator of Nicolas Sarkozy, supported by the Catholic right. Finally a notable honest, investigated, with multiple contradictory and inaccurate statements, is proposed to succeed a defendant who had shocked the good society by its flimsy side. To drive, without states of mind, a truly right-wing policy.

With some disturbances among his supporters. But by his Christian repentance and his diabolical perseverance, Francois Fillon knew how to turn the situation around. If he did not have the large avenue, open to the Elysee, which was promised to him, he always remains in the race. He managed to be the candidate, perhaps unloved, of a hard right. Whatever the result of the election, the Fillon adventure, the Fillon adventures, will weigh on the future of the right.

Other changes are taking place in the political landscape.

Commentators have reiterated for years that the French electoral system, notably the uninominal ballot for two presidential and legislative elections, structured the electoral deadlines and blocked the emergence of any other political offer.

However, in other Western democracies, whatever the method of voting, with or without a presidential election, the situation is very different: Labor / Conservatives in the United Kingdom, CDU-CSU / SPD in Germany, Democrats / Republicans in the United States…

Paradoxically, some time ago, France, escaping this scheme, moved from the bipartisan to the tripartism PS, LR and … FN. Except to take again the speech of the FN, UMPS / FN. What would be more applicable to Germany with a Grand Coalition, CDU-SPD which has not yet fostered the emergence of a third credible force, neither liberal nor green, nor extreme right, nor extreme left.

Finally, who can say today what configuration will settle in France with the appearance, in addition to the FN, LR and PS, En-Marche and The Unbridled France?

Everything depends not only on the presidential election that will appoint two competitors at the end of the first round and only one president. But also of the legislative elections which will renew very strongly the composition of the National Assembly. With a large dispersion of candidates, at the risk of a Assembly without majority. Dispersion of the right and the center, dispersion of the PS, dispersion of Left of Left, unknown of En-Marche.

This renewal of the political staff during the legislative elections will be accentuated by the effects of the law on the non-cumulation of the mandates. Many deputy mayors will choose to retain their local mandate by sacrificing a deputy mandate that has become uncertain for many leavers.

To conclude on an optimistic note, one can hope that a rejuvenation and a feminization of the National Assembly will emerge. With an additional degree of optimism, parliamentarians who, knowing the anti-corruption legislation and feeling the diligence of judges, will be more scrupulous in the use of tax dollars. For this, the voters have a role to play: penalize the charged candidates. It would be a tsunami in the tsunami!

DUFLOT QU’ON VOIT DANSER…

DUFLOT QU’ON VOIT DANSER…

Habile Cécile Duflot et rapide. Elle a mis Europe-Écologie-Les-Verts (EELV) en situation de bataille pour les élections européennes du mois prochain. Avec comme perspective, un résultat à deux chiffres, comme ambition collective un dépassement du PS en pleine déconfiture et, à la clef, une candidature qui ne serait pas que de témoignage à l’élection présidentielle. Bien entendu, la candidature de Cécile Duflot.

Le temps passe vite. Il est peu probable que Cécile Duflot, après avoir été candidate à la candidature en 2007, déclare comme en 2012 qu’elle n’est pas prête, qu’elle a peur, qu’elle n’a pas les épaules assez larges. Elle a montré, au niveau de l’organisation comme au ministère, qu’elle n’en pense rien.

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Elle a gravi, rapidement, toutes les marches, chez les écologistes : adhésion aux Verts en 2001, élue au collège exécutif en 2003, porte-parole en 2005, candidate à l’a candidature pour la présidentielle en 2007, secrétaire nationale (à 31, ans la plus jeune secrétaire nationale des Verts) en 2006, (ré)élue secrétaire nationale de EELV en 2008 jusqu’en 2012 date à laquelle, nommée ministre, elle abandonne cette fonction.

L’ascension est tout aussi rapide dans les institutions bien qu’elle ne repose pas sur des résultats électoraux véritablement porteurs. Qui reflètent plus les mouvements d’un yo-yo de faible amplitude : de 1,31 % en 1974 (René Dumont, avant la création des Verts) à 5,25 % en 2002 (Noël Mamère) à l’élection présidentielle, de 1,08 % en 1991 à 6,83 % en 1997 aux législatives et de 2,95 % en 1994 à 16,28 % en 2009 (tête de liste Daniel Cohn-Bendit) aux européennes.

Mais, jouant avec le PS, alternativement, l’autonomie et l’association, la politique des Verts et de EELV porte ses fruits en nombre d’élus. Aux élections législatives : 7 députés en 1997,3 en 2002, 4 en 2007 puis 5 à la suite d’une élection partielle en 2010 et 17 en 2012. Comme aux sénatoriales, le nombre d’élus est passé de 4 à 10 en 2010, grâce aux résultats des listes communes avec le PS, le PCF et le PRG. Il est de 12 aujourd’hui.

L’ascension de Cécile Duflot dans les institutions profite du même mécanisme : candidate aux élections municipales à Villeneuve-Saint-Georges, année de son adhésion aux Verts, en 2001, conseillère municipale d’opposition en 2004, candidate aux législatives en 2007 dans le Val de Marne (3,5 % des voix), élue aux municipales à Villeneuve-Saint-Georges, en 2008 sur une liste d’union conduite par le PC, avec PS, MRC, PRG, elle devient maire-adjoint, tête de liste aux élections régionales de 2010 en Île-de-France (16,58 %), tête de liste au second tour dans le Val de Marne sur la liste d’union avec PS et PC, elle est élue conseillère régionale. Pour ne pas cumuler, elle renonce au mandat de maire-adjoint. Par un accord avec le PS, elle est parachutée et élue députée, au second tour, avec 72,18 % des voix dans une circonscription en or, avec comme suppléante la députée sortante, Danièle Hoffman-Rispal, qui avait obtenu 69,12 % des voix en 2007. Elle est enfin nommée ministre, de l’égalité des territoires et du logement en mai 2012.

A ce poste, elle fait adopter plusieurs textes. La loi « Duflot » du 18 janvier 2013 sur le renforcement du seuil minimal de logements sociaux de 20 % à 25 % avant 2025, les investissements dans l’immobilier neuf avec réduction d’impôts qui ne semble pas avoir rencontré le résultat escompté. Le report d’un an du deuxième volet de la loi de Robien. La loi ALUR sur la trêve hivernale des expulsions, la garantie universelle des loyers, leur encadrement, les locations meublées. Ces textes vont s’appliquer progressivement et certaines mesures attendent leur décret d’application…

 

Elle n’a pas hésité à jouer une petite musique personnelle, en interpellant l’archidiocèse de Paris en faveur des SDF, dans le cadre de ses responsabilités ministérielles. Mais aussi au delà, faisant entendre sa différence avec la politique du gouvernement : dépénalisation du cannabis, soutien aux opposants à l’aéroport de ND des Landes, pour le droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales. Réserves aussi quant au plan d’austérité gouvernemental, aux propos du ministre de l’Intérieur sur les Roms…

 

Tandis que la politique écologique du gouvernement était tout sauf satisfaisante pour les écologistes.
Depuis mai 2012, le « ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie » a eu à sa tête Nicole Bricq qui changera d’attributions à la suite de certaines décisions et déclarations (suspension de tous les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane, volonté de protéger la faune marine et de l’environnement et d’éviter le recours à la technique très polluante des boues à l’huile, dénonciation d’un code minier « inadapté et obsolète » ainsi que le permis exclusif de recherches à un consortium privé sans contrepartie suffisante pour l’intérêt national). Delphine Batho lui succédera mais sera remerciée par le président de la République à la suite d’une déclaration dans laquelle elle qualifiait de « mauvais » le budget 2014 de son ministère et avouait sa « déception à l’égard du gouvernement ». Philippe Martin, enfin.

 

Malgré les insuffisances gouvernementales sur toutes ces questions, l’insatisfaction d’une partie des membres de l’organisation et d’associations dans lesquelles militent activement des membres de EELV, Cécile Duflot reste à son poste ministériel. Par contre, elle renonce à participer au gouvernement Valls alors que l’occasion lui est donnée d’occuper une poste important assorti de propositions nouvelles et alléchantes.

 

En effet, quand il est question de remaniement du gouvernement et que le nom de Manuel Valls comme premier ministre apparaît de plus en plus, Cécile Duflot déclare que, dans cette éventualité, elle quitterait le gouvernement.

Cette décision n’a pas été prise de façon démocratique par EELV mais personnellement par la ministre. Elle met François Hollande dans une situation ambiguë : soit il ne nomme pas Manuel Valls et les spéculations vont bon train sur l’influence disproportionnée d’EELV, soit Manuel Valls est nommé premier ministre et cela conduit à la non participation des ministres sortants et très probablement de EELV. Dans les deux cas, Cécile Duflot espère en tirer bénéfice.

 

Après son refus, Cécile Duflot obtient l’approbation d’une large majorité au Conseil fédéral d’EELV car la forte minorité qui, depuis toujours, est opposée à la participation ne peut que l’approuver. Au prix cependant, d’une division de son propre courant, la majorité des parlementaires étant opposés à cette décision.

Car, Manuel Valls proposait à Cécile Duflot, le poste de numéro 2 du gouvernement avec un grand ministère et un certain nombre de mesures conformes au programme de EELV. « Une corbeille bien pleine » : la loi de transition énergétique pour traduire la promesse hollandaise de réduction de la part du nucléaire à 50% dans le mix énergétique avec discussion sur le nombre de réacteurs à fermer, pas de nouveaux EPR, pas de remise en cause de l’interdiction des gaz de schiste ou de la politique sur les OGM. De plus, selon Manuel Valls les arbitrages devaient être décidés entre le président de la République, le premier ministre et le ministre de l’écologie seulement.

D’autres points auxquels tiennent les écolos ont été abordés : la décentralisation avec redécoupage des régions, une part de proportionnelle aux législatives et même « à demi-mots, la fin de NDDL »… Au point que Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale de EELV s’est dite « ébranlée »… car « sa proposition était solide et correcte ».

 

Mais arrivait trop tard, semble-t-il, après deux ans d’insatisfaction avec perte de confiance, après surtout une cuisante défaite du PS aux élections municipales dont EELV a su se prémunir. Et avant des élections européennes où EELV, avec des listes autonomes, très clairement pro-européennes, espère faire des résultats supérieurs à ceux de PS, à la ligne plus confuse. La démission de Harlem Désir, aussi peu efficace dans ses mandats de député européen que de secrétaire national du PS, et sa nomination au secrétariat d’État chargé des affaires européennes, sous tutelle de la présidence de la République, est une aide précieuse que leur apporte François Hollande. Tant elles montrent une certaine désinvolture quant à l’importance de cette fonction et donc de l’Europe aux yeux du président.

 

Reste maintenant à affronter les européennes et à faire mieux qu’aux précédentes et à passer, éventuellement, devant le PS. En 2009, avec 16,28 % des voix et 14 élus au niveau national, EELV arrivait en troisième position juste après le PS 16,48 %. Les résultats étaient particulièrement favorables dans la région Île de France où la liste menée par Daniel Cohn-Bendit avec 20,86 % et 4 élus passait loin devant la liste du PS conduite par Harlem Désir, 13,58 % des voix et 2 élus.

 

Il est difficile de savoir si les électeurs potentiels seront reconnaissants à EELV d’avoir renoncé à la participation à un gouvernement qui a déçu beaucoup d’espoirs et qui continue (suppression du ministère de la ville par exemple !) ou s’ils lui reprocheront une dérobade au moment où une action positive était possible au moins sur les questions écologiques, quitte à démissionner en cas de rupture de contrat.

Penseront-ils qu’il faut renforcer EELV avant de revenir, demain, avec un rapport de force plus favorable ou lui reprocheront-ils de perdre 2 ou 3 ans, pour satisfaire quelques ambitions personnelles ou collectives, au lieu d’impulser des politiques positives même partielles.

La vieille tactique du soutien sans participation permettra-t-elle d’avoir plus d’influence sur le gouvernement ou réduira-t-elle EELV à être la mouche du coche, à commenter une politique qui se décidera ailleurs ?

 

Les parlementaires étaient favorables à la participation, EELV se déclare dans la majorité présidentielle, il est vraisemblable qu’ils feront entendre leur voix au parlement, qu’ils voteront pour, s’abstiendront ou voteront contre certains textes mais ne pourront se permettre de mettre en danger le gouvernement.

 

Pendant ce temps, Ségolène Royal ne se contentera probablement pas d’être une ministre placebo. Si elle réussit dans sa nouvelle fonction, elle risque de mettre en question la nécessité d’une présence de EELV au gouvernement, cantonnant les écologistes au rôle de groupe de pression, d’association d’alerte nécessaire mais inutile au niveau gouvernemental.

 

Après avoir été ornements écologistes et alliés du PS, réussiront-ils à en devenir les principaux concurrents à gauche ?