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« Anar » Weekend in Ménilmontant

En français

Saturday, May 6, 2017, as part of the Resistance Month organized by the City of Paris, the association 24 Août44 presented in the center Paris Anim ‘of the 19 ° (Place des Fêtes) a reading of testimonies From libertarian Spain to The exile, from 1936 to the present day, followed by the film, We must watch, a documentary by François Boutonnet built from archival images and testimonies of Jordi and José who knew children, war of Spain, the Retirada and the camps of exile. And who have rebuilt another life in the South of France, turned towards the future (1).
Recalling that the first Frenchmen who entered Paris on 24 August 44 were Spaniards … often anarchists!

Sunday, May 7, Place de Ménilmontant, some photos of the popular ball

 

Week-end à Ménilmontant
Week-end à Ménilmontant
Week-end à Ménilmontant
Week-end à Ménilmontant
Week-end à Ménilmontant
Week-end à Ménilmontant
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Week-end à Ménilmontant
Week-end à Ménilmontant
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1 – Il nous faut regarder (Libres itinéraires d’exil de Jordi et José) Film of François Boutonnet, 52 minutes, Cinéma – 2010, DVD – 2011.

 

Touchée ! Coulée ? L’Union européenne et les réfugiés.

17 mars 2016

Touchée ! Coulée ?
L’Union européenne et les réfugiés.

Il est souvent dit que l’Union européenne ne sait avancer que par crises. Le moment est donc venu d’une grande avancée ou d’une dislocation car, cette fois, la crise est multiple, profonde. Elle touche les gouvernements et les instances européennes.

Le seul projet de l’Union européenne serait-il « sauve qui peut ? »

Difficile de croire que l’Union européenne peut aller indéfiniment, de réunion en réunion de la dernière chance, avec quelques bricolages. Dramatisant les rencontres dont les « responsables » sortent avec le « meilleur accord possible » après une longue nuit de discussion. En attendant la réunion suivante, bien sûr de la dernière chance.

Jusqu’à l’explosion ?

Les peuples qui ont laissé faire plus que participé, s’en détournent de plus en plus. Ceux de la vieille Europe comme ceux de la nouvelle. Lors des consultations, quel qu’en soit le type, le nombre des eurosceptiques et des opposants augmente.

La seule Europe qui existe vraiment est celle des problèmes. Que chaque État feint d’ignorer tant qu’il n’est pas immédiatement concerné. Que l’Union européenne ne sait pas résoudre parce que les règles instituées ne sont pas adaptées car les problèmes ne peuvent être traités de la même façon tant la situation est différentes d’un État à l’autre, au point de vue matériel mais aussi politique. Elles sont finalement traitées, le plus souvent, suivant les intérêts du plus fort à des conditions qui ne sont pas toujours supportables par tous et qui suscitent des phénomènes de rejet. Le plus souvent de « l’Europe », quelquefois de tel ou tel État, apparu comme directement responsable.

Faute d’un projet commun qui justifierait une certaine solidarité et des compromis.

Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.

Avec la « crise des réfugiés », les autres questions ne font plus la une de l’actualité mais reparaîtront demain : crise économique qui perdure depuis 2008 avec une déflation, entretenue par une politique austéritaire ; éventuel éclatement d’une bulle européenne ; crise climatique que la COP21 a médiatisée, sans suite concrète au niveau européen ; relations avec la Russie et l’Ukraine ; recul de la démocratie dans plusieurs États membres qui ne pourraient, aujourd’hui, être candidats à l’Union européenne ; terrorisme ; Brexit ; Grexit hier et avenir de la Grèce aujourd’hui…

Et l’impuissance face aux guerres, aux portes de l’Europe, qui menacent la stabilité d’autres pays de la région..

Angela Merkel a vu juste, qui déclarait sur la chaîne de télévision ZDF : « Cette question de savoir comment nous agissons avec les migrants… va nous occuper bien, bien plus que la Grèce ou la stabilité de l’euro » (1). En effet, la question ne peut être réglée entre amis, par un communiqué insipide et incompréhensible, après une longue soirée de discussion. Le premier naufrage d’un navire transportant des migrants a eu lieu, il y a une vingtaine d’années… Combien de sommets européens depuis ?

Aujourd’hui, des centaines de milliers de réfugiés sont là, d’autres sont en chemin ou en attente…

« L’Europe n’avait jamais vu un tel afflux de réfugiés. D’après l’Office européen de statistiques Eurostat, plus d’1,25 million de personnes ont déposé une demande d’asile dans l’Union européenne en 2015, soit plus de deux fois plus qu’en 2014. La plupart des migrants viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak.
Et ce flux migratoire ne ralentit pas, au contraire. Depuis janvier, 130 000 réfugiés sont arrivés en Europe. Or la fermeture partielle des frontières sur la route des Balkans rend leur périple de plus en plus incertain. » (2)
« La plupart des migrants viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak », lieux de conflits dans lesquels bien des pays de l’Union européenne sont militairement engagés.
Notamment la France.

Dans le monde, en 2014, il y avait 60 millions de réfugiés (1% de la population mondiale) dont 50% étaient des enfants. Il y a 10 ans, ils étaient « seulement » 37 500 000.
Leur nombre a augmenté suite à 14 conflits dans le monde (3).
En Syrie, plus de 7 millions de réfugiés à l’intérieur du pays, plus de 3 millions à l’extérieur. Surtout dans les pays limitrophes : Turquie (3% de la population), Jordanie (12%), Liban (20%).
Un million ou deux millions de réfugiés de toutes origines en Europe pour 500 millions d’habitants ?
La question n’est pas insurmontable, matériellement. Mais politiquement ?

Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.

Tous les États de l’Union européenne et l’Union européenne ont adhéré à la Convention relative au statut des réfugiés (Genève 1951) : « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. » (art.14-1). Elle s’applique à toute personne « Qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays… » (art. 1A2).

En signant la Convention, l’Union européenne et les États de l’Union se sont donnés l’obligation d’examiner la situation de tout demandeur d’asile qui se présente à la frontière.

De toute façon, ils sont là. Leur renvoi en masse – où ?- est difficile humainement, juridiquement, politiquement, matériellement.

Les accords de Schengen, entrés en vigueur en 1995 pour les sept premiers signataires, ont été étendus aux 26 États adhérents. La procédure Dublin, née avec « l’espace Schengen » de « libre circulation », est simple dans son principe : pour que le demandeur d’asile ne puisse déposer son dossier dans plusieurs États, le traitement de la demande incombe au premier pays qui a laissé entrer, volontairement ou non, le demandeur d’asile.

Cette politique, logique et égalitaire en apparence, n’était pas prise en charge par tous. « L’Allemagne aussi s’y [à une solution commune] est opposée, du temps où les réfugiés n’étaient pas encore aussi nombreux à arriver. L’Allemagne a imposé le système de Dublin à l’Europe... Elle a ainsi pratiquement évacué son droit fondamental à l’asile. Il fallait arriver en Allemagne en parachute pour pouvoir faire appel légalement à ce droit international (4).

Seuls les pays ayant des frontières externes avaient cette charge administrative et financière : Espagne, Italie, Grèce… Cela ne gênait guère les autres États, ni les institutions européennes. Tant que les demandeurs d’asile étaient en nombre limité, cela ne concernait que les pays périphériques. Tout le monde fermait les yeux.

Ces candidats, à l’immigration ou à l’asile, arrivaient morts ou vivants, faisaient la « une » de quelques journaux. Les survivants s’égaillaient ensuite vers l’Europe du nord qui les absorbait.

Les choses sont devenues plus graves avec les printemps arabes et les arrivées en nombre qui ne touchaient que l’Italie ou presque. La France fermait ses frontières à Vintimille pour quelques milliers de personnes. L’Italie payait : « L’Italie a été le premier pays à affronter la crise des réfugiés et a déjà dépensé plus de 9 milliards pour cette urgence… » (5). « L’opération ‘’Mare Nostrum’’ montée par la Marine italienne, a coûté un milliard. Toutefois, cela a évité des tragédies dans la Méditerranée. 366 passeurs arrêtés, 439 interventions effectuées » (6).

Avec la guerre en Syrie, la migration s’est déplacée vers la mer Égée, la Grèce et ses îles. Le nombre de demandeurs d’asile est passé de dizaines à des centaines de milliers. Qui se dirigent vers les pays rêvés : Allemagne ou Suède. Le 25 août dernier, Angela Merkel annonçait, sans avoir consulté aucun État, aucune institution de l’Union européenne, sa décision de ne plus renvoyer les Syriens vers le pays d’entrée de l’espace Schengen, la Grèce, en rupture unilatérale de la Convention de Dublin. Ce geste fort et courageux a été salué par beaucoup. Elle est devenue l’héroïne des migrants syriens et a été entendue jusque dans les camps.

Ce geste n’intéressait pas seulement les Syriens, l’Allemagne et les Allemands mais tous les pays sur la route des Balkans de la Turquie à l’Allemagne.

Le 31 août, Angela Merkel se félicitait du « rêve » d’Allemagne de nombreux réfugiés. Une chance pour le pays. « Wir schaffen das » (On y arrivera). Même si le mouvement Pegida (7), créé en octobre 2014, a trouvé là un motif nouveau de mobilisation. Même si des foyers d’accueil d’immigrants étaient plus souvent attaqués : 202 entre janvier et juin 2015, autant que pour l’ensemble de 2014.
L’Allemagne s’est mise au travail : financièrement, elle en a les moyens, mise en place de sites d’hébergement d’urgence, cours de langue pour permettre le travail, transmission des valeurs constitutionnelles avec pour but l’assimilation (8). La population a réagi plutôt favorablement, même si tout n’est pas rose…
Même si le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, annoncait le 13 septembre que l’Allemagne rétablissait des contrôles à la frontière avec l’Autriche.

Car des réticences se sont rapidement exprimées, au delà de l’opposition d’extrême droite, de la part de la CSU surtout, branche bavaroise de la CDU, parti d’Angela Merkel, hostile à sa politique d’intégration. L’arrivée quotidienne de milliers de réfugiés en Allemagne pose de sérieux problèmes. Dans le Tagesspiegel, Sigmar Gabriel, le vice-chancelier et président du SPD déclare « C’est moins le nombre de réfugiés que la vitesse à laquelle ils arrivent qui rendent la situation si difficile » (9). Pendant des mois, des centaines de maires et de conseillers régionaux se sont mis en quatre… car ils croient la situation exceptionnelle (10).
Les actes de solidarité de la population continuent : par exemple à Berlin où la ville a organisé une opération « Merci à tous les Berlinois qui se mobilisent pour accueillir les réfugiés » avec le soutien de la presse : « Merci ! Sans votre engagement, cela n’aurait pas marché. » titre le Tagesspiegel (11). Il faut noter que Berlin (3,5 millions d’habitants) a accueilli 80 000 personnes en 2015, autant que l’Autriche (plus de 8 millions d’habitants). Pendant cette même année, la France a accordé l’asile à 79 000 personnes.

Peu à peu, les États sur le chemin de l’Allemagne, et bien d’autres, ferment leurs frontières suivant l’exemple de la Hongrie, tant décriée quand elle a érigé le premier mur pour « protéger l’Union européenne de l’invasion ». La route des Balkans vers l’Allemagne est de plus en plus hérissée de barrages à chaque frontière.
Qui vont transformer la Grèce en une vaste zone de regroupement.

Finalement, Angela Merkel, abandonnée « courageusement » de tous, y compris de ceux qui, comme la France, n’étaient pas sur la route, a dû annoncer, à l’approche d’élections dans trois régions, que l’Allemagne ne pouvait recevoir tout le monde. D’autant que « selon un sondage récent, 81% des Allemands pensent que son gouvernement a perdu le contrôle de la crise des migrants » (12). Ce qui se traduit aujourd’hui par la poussée électorale de l’AfD (Alternative für Deutschland) qui entre au Parlement des trois Länder Bade-Wurtemberg (15,1 % des voix, 19 élus), Rhénanie-Palatinat (12,6%, 7 élus), Saxe-Anhalt (24,5%, 24 élus). Dans ces trois régions, l’AfD fait une poussée remarquable et remarquée en nombre de voix et de sièges !
Revers électoral pour la droite, notamment CDU-CSU, plus que pour Angela Merkel. La Berliner Zeitung écrit
: « Outre l’électrochoc de l’AfD, c’est une grande continuité qui ressort de ces élections. Le candidat sortant vert Winfried Kretschmann reste ministre-président [de Bade-Wurtemberg]. Le SPD reste au pouvoir en Rhénanie-Palatinat et le candidat de la CDU Haseloff reste aux manettes en Saxe-Anhalt. Et la chancelière dans tout ceci ? Les trois vainqueurs des élections soutenaient sa politique migratoire. C’est donc elle qui a remporté ces élections – et non pas son parti, qui ne peut s’en prendre qu’à lui même.» (13).
Ce qu’entérine la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les candidats chrétiens-démocrates ayant pris leur distance avec la chancelière sur les migrants l’ont payé cher, comme Julia Klöckner, favorite en Rhénanie-Palatinat qui s’est finalement inclinée. Analyse partagée par Gero Neugebauer, politologue allemand dans La Tribune de Genève : « les deux grands vainqueurs de ces élections, un écologiste dans le Bade-Wurtemberg ou une sociale-démocrate en Rhénanie-Palatinat, ont défendu ouvertement la ligne de la chancelière tandis que les perdants, dans le camp conservateur, se sont opposés à Merkel » (14).

Les opposants de la CDU-CSU et l’AfD n’ont à proposer que la fermeture des frontières qui « ne nous permettrait pas de garantir notre confort de vie à long terme. La Méditerranée se transformerait en gigantesque cimetière, la Grèce évoluerait rapidement en État failli et l’Italie redeviendrait instable. Fait notable, la fraction favorable à l’isolement de l’Allemagne n’avance aucune suggestion en vue d’une meilleure gestion du problème des réfugiés… Ceux qui refusent d’y voir un problème européen ne font que mentir à leur public. Et refusent de reconnaître que notre continent, après tant de guerres de religion et d’atrocités, a su établir un système politique viable, et qu’ayant prouvé sa capacité à établir des règles et à garantir la diversité, il est prédestiné à accueillir les migrants » (15).

La CDU-CSU et les chancelleries européennes ne tireront probablement pas de ce scrutin la même conclusion. Angela Merkel risque d’en être affaiblie mais ne semble pas renoncer à sa politique. Alors qu’elle a entamé une négociation avec la Turquie, au nom de l’Union européenne : « Pour lancer un signal de possible réduction des flux à la veille des élections en Allemagne, Merkel s’est comportée comme un vrai ‘’panzer’’ au sommet de l’UE, mettant les partenaires devant le fait accompli d’une ébauche d’entente négociée directement avec les Turcs. Cela n’a été apprécié par personne, également à cause du coût collectif : 6 milliards d’euros et la libéralisation anticipée en juin des visas UE pour les Turcs, ainsi que l’accélération des négociations pour l’adhésion. Le flux des migrants pourrait passer par l’Albanie ou la Libye et l’Italie pourrait devenir le grand ‘’entrepôt d’âmes de l’Union » (16).

Incapables de peser pour une solution pacifique en Syrie, l’Union européenne et les États de la région, membres ou non de l’Union européenne, n’ont qu’une pensée : bloquer à la frontière, les arrivants quels qu’ils soient, en provenance de Turquie…
Peu importent le droit, traités et conventions, et les droits des demandeurs d’asile.

Depuis juin 2015, l’opération EUNAVFOR med s’active dans les eaux internationales entre l’Italie, la Libye et l’Égypte pour « démanteler le modèle économique des réseaux de trafic de clandestins et de traites des êtres humains ». Avec l’accord de la Turquie et de la Grèce, « l’Allemagne dirige actuellement un groupe de navires de guerre de l’OTAN croisant en Méditerranée orientale, qui seraient engagés pour cette opération destinée à compléter le travail de l’agence européenne de surveillance des frontières de l’Union européenne, Frontex » (17).
En décembre, la proposition de la Commission européenne « décupler les moyens et les pouvoirs des garde-frontières et des garde-cotes européens » a reçu un bon accueil et devrait être adoptée en avril par le Conseil européen et le Parlement européen.
Il n’est pas sûr que ces actions soient très efficaces pour une réduction significative des passages.

Devant les nombreuses arrivées et conscient que ce ne pouvait être du ressort d’un seul pays, quel qu’il soit, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a proposé une répartition des demandeurs d’asile entre les différents États de l’Union en fonction d’un certain nombre de critères.
L’accord, été 2015, prévoyait 160 000 relocalisations au niveau européen, quelques centaines ont eu lieu à ce jour. Pour la France, cela impliquait de recevoir 30 000 réfugiés sur deux ans. Mais le démarrage est laborieux, avec 300 personnes, la France est en tête des pays d’accueil devant la Finlande (140 personnes). Bernard Cazeneuve estime que « les dispositifs d’accueil et de répartition des réfugiés dans les “hot spots” ne fonctionnent encore que de façon très imparfaite » (18). A Barcelone, la mairie a lancé une opération « Barcelone, ville refuge » et attend désespérément l’arrivé de réfugiés, plus de six mois après le lancement du plan d’accueil (19).

Seule Angela Merkel pousse pour que cette modalité de prise en charge soit pérennisée par des pays volontaires. Ce que refuse toujours le groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) qui réclame une meilleure protection des frontières de Schengen. Ainsi que Manuel Valls, bruyamment à Munich, sur sa barricade : «Les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée. Mais il faut un message très clair qui dise « maintenant, nous n’accueillons plus de réfugiés  »» (20).

Le dernier volet pour répondre à cette crise des réfugiés est la négociation avec la Turquie qui pose beaucoup de questions quant au respect des droits des demandeurs d’asile mais aussi quant à la Turquie et aux relations entre ce pays et l’Union européenne.

L’efficacité des actions en mer et de l’accord du 29 novembre 2015 avec la Turquie ne semble pas très grande alors qu’arrivent, sur les côtes grecques, 2 à 3 000 personnes. chaque jour.
Faute d’une politique de l’Union européenne, l’Union européenne aborde cette négociation en mauvaise position. Recep Tayyip Erdoğan sait que la Turquie ne remplit pas les conditions pour être admise dans l’Union européenne mais il nargue une Union européenne aux abois en mettant sous tutelle de Zaman, le principal quotidien du pays jugé séditieux à la veille d’une nouvelle rencontre.

Contre l’engagement de fixer sur le territoire turc les quelque 2,7 millions de réfugiés syriens qui y sont installés, Recep Tayyip Erdoğan pose ses conditions : aide financière de 6 milliards d’euros, libéralisations des visas d’entrée dans l’Union européenne pour les citoyens turcs, accélération des négociations de son adhésion à l’UE…
Récemment, Ankara a proposé avec l’accord d’Angela Merkel et de Mark Rute, premier ministre néerlandais et actuel président du Conseil (de l’Union européenne) que l’Union européenne mette en place, en échange des Syriens reconduits en Turquie, un corridor humanitaire permettant le départ de Syriens depuis les camps installés sur son territoire : « 1 Syrien pour 1 Syrien » (21).

La « crise des réfugiés » est une des crises les plus graves depuis la mise en place de « l’Europe des 6 ».

Dublin a été balayé par l’ensemble des États de l’Union européenne et les accords de Schengen. Mis en place à la demande de la France et de l’Allemagne, ils ne peuvent ni être repris tels quels, ni être abandonnés totalement. Dans tous les cas, cela annonce une longue négociation. Entre combien de partenaires ? Certains calculent déjà, en cas de suppression de ces accords, le coût économique et financier. « C’est à la demande des acteurs économiques, qui souffraient des surcoûts impliqués par les frontières, que le processus qui a abouti à la convention de Schengen… a été lancé dès 1984 par l’Allemagne et la France (accord de Sarrebrück) » (22). Mais aussi le coût politique.
Le démembrement de Schengen première étape de l’agonie de l’Union européenne, au moins dans sa forme actuelle ?

Évolution vers un espace de libre-échange comme le veulent le Royaume-Uni et bien d’autres. Ou division de l’Union européenne en une Union espace de libre-échange et une Union-puissance qui continuerait le rêve. Des propositions sont faites en ce sens. Quoi qu’il en soit, le coup est parti pour de longues, très longues négociations à très grand risques d’éclatement sinon de disparition totale de l’Union européenne. Et peut-être aussi de grands risques pour les « démocraties relatives » de l’Europe.

Dans les mois qui viennent, de nombreuses élections vont avoir lieu dans différents pays de l’Union européenne : en 2016, Autriche, présidentielle, Écosse, Pays de Galle, Irlande du Nord, Chypre, législatives, Royaume-Uni, référendum sur l’Europe, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et Berlin, régionales, Lituanie, législatives, Bulgarie, présidentielle, Pays Basque, Roumanie, législatives ; en 2017, Allemagne, présidentielle, Pays-Bas législatives, France, présidentielle et législatives, Sarre, régionales, République tchèque, Allemagne, Norvège législatives.
Gageons que, pour une fois, la question de l’Europe sera à l’ordre du jour. Même si ce n’est pas tellement le cas encore en France où il est plus questions de tiercé et d’écuries que d’Europe.

Reste que la question des réfugiés, urgente, demeure. Pour les États comme pour l’Union européenne, la question est la même : « droit d’asile ou barbarie » ? (23).

Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.
Touchée ! Coulée ?  L'Union européenne et les réfugiés.

1) Euractiv 17/08/15
2) Euronews 05/03/16
3) http://www.planetoscope.com/Immigration/1912-refugies-dans-le-monde.html)
4) Der Spiegel 23/01/16 cité par Courrier International 04-10/02/16
5) Il Messaggero 04/02/16
6) La Stampa 04/02/16
7) « Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes », « Les Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident »). Depuis sa création, le 20 octobre 2014 à Dresde, Pegida manifeste tous les lundis son refus d’être « envahie » par les immigrés et sa méfiance des élites. Pegida a des branches dans l’UE : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Espagne, Estonie, France, Grande-Bretagne, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Suède, Suisse.
8) Le Figaro 09/09/15
9) Le Monde 14/09/15
10) Süddeutsche Zeitung 30/01/16, Courrier International 04-10/02/16
11) Mediapart 12/02/16
12) Financial Times cité par Toute l’Europe 29/02/16
13) Eurotopics 14/03/16
14) Toute l’Europe 15/03/16
15) Die Welt 20/01/16)
16) Sole 24 Ore 10/03/16
17) Toute l’Europe 11/02/16
18) Figaro 07/03/16
19) Libération 26/02/16
20) Libération 15/02/16
21) Le Monde 07/03/16
22) Libération 07/02/16
23) Le Monde 11/03/16

D’une Marche à l’autre

D’une Marche à l’autre.

A 32 ans d’intervalle, « La marche pour l’égalité contre les racisme » et « La marche de la dignité contre le racisme » présentent des points communs, faisant de la seconde comme une réplique de la première, et des différences qui montrent qu’il n’en est rien. Dans les deux cas, des incidents, graves et répétés, avec la police, conduisent à dénoncer le racisme et à revendiquer la reconnaissance d’une égale dignité des jeunes quelle que soit leur origine, leur couleur de peau…

Fresque à l'arrivée de la Marche en 1983 - Banderole à la manifestation de 2015Fresque à l'arrivée de la Marche en 1983 - Banderole à la manifestation de 2015

Fresque à l’arrivée de la Marche en 1983 – Banderole à la manifestation de 2015

En 1983, à la suite d’un été meurtrier, de nombreux affrontements entre jeunes et policiers et de la blessure de Toumi Djaïdja, président de l’association « SOS Avenir Minguettes » par les balles d’un policier, une quinzaine de jeunes des Minguettes (Vénissieux) et d’ailleurs ont entrepris, avec le soutien de la Cimade, une marche de Marseille à Paris inspirée des actions de Gandhi et de Martin Luther King. Cette initiative lancée par quelques personnes, parties discrètement, s’adressait à l’ensemble de la population et, au fil du parcours, les soutiens se sont faits plus nombreux et les participants. Finalement, c’est une foule de 100 000 personnes qui accompagnait les marcheurs, lors de leur arrivée, le 3 décembre à Paris.

Avec la victoire électorale de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1981, malgré les actes et attentats racistes, les bavures policières, les déclarations « malheureuses » du Premier ministre Mauroy, sur les chiites aux usines Renault… un vent de réformes redonnait de l’espoir, et des illusions. Un moment où l’optimisme était encore possible… Pendant cette période, 130 000 étrangers en situation irrégulière ont été régularisés.
A l’arrivée des marcheurs à Paris, une délégation a été reçue à l’Élysée et a obtenue de François Mitterrand la mise en place de la « carte unique » de séjour et de travail, valable 10 ans, renouvelable automatiquement… votée à l’Assemblée nationale en juillet 1984.

Les choses ont bien changé depuis. La « carte unique » a été démantelée. L’extrême droite pèse chaque jour davantage sur le plan idéologique, influençant la droite et même la « gauche ». Plus personne n’espère rien de la gauche au pouvoir sur bien des questions et notamment sur sa politique d’immigration.
En 2015, un collectif de femmes, « Urgence, notre police assassine », animé par Amal Bentoussi, dont le frère, âgé de 29 ans, a été tué par la police en 2012, regroupe une soixantaine de femmes et lance l’idée d’une « Marche des Femmes pour la Dignité » pour dénoncer l’impunité dont jouirait la police dans de nombreuse affaires qui ont entraîné mort d’homme : en moyenne, une par mois selon les organisatrices ! Au total, le 31 octobre, dans les rues de Paris, la « Marche pour la dignité contre le racisme » a réuni 3 500 (police) à 10 000 (organisateurs) personnes dont certaines venues de plusieurs villes de France (Lille, Strasbourg, Grenoble, Lyon) et même de Bruxelles…

Cette nouvelle « Marche » a eu lieu quelques mois après le procès des policiers mis en cause lors de la mort des deux adolescents Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) qui a abouti, le 18 mai 2015, à leur relaxe définitive. En 2005, la mort de ces deux jeunes avait été suivie de révoltes urbaines qui ont duré plusieurs semaines.

Ce sont ces morts et ces non-lieux à répétition qui sont à l’origine de cette deuxième marche car, sur ce plan, les choses ont peu changé en 42 ans. Mais, en 2015, le climat politique est bien différent de celui de 1983.
Certes, un socialiste, François Hollande a été élu en 2012 à la présidence de la République. Mais il n’est plus ni illusion, ni espoir. Et ces femmes, noires, arabes, musulmanes, rroms, veulent « dix ans exactement après les révoltes des banlieues, dénoncer l’islamophobie, la négrophobie et la rromophobie que subissent au quotidien les populations des quartiers populaires et issues de l’immigration post-coloniale ».
Si, dans les dix dernières années, des investissements ont modifié l’aspect de certains quartiers, la situation des jeunes n’a guère changé, ni le chômage, ni le racisme, ni les relations avec la police… Et le gouvernent n’a pris aucune mesure pour améliorer la situation de ces jeunes.

Les manifestants ont rappelé certains engagements de François Hollande.
Engagement 50 : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. » Si le droit de vote est, constitutionnellement, difficile à mettre en place, rien n’obligeait le chef du gouvernement à affirmer qu’il n’est pas à l’ordre du jour à cause de l’extrême droite et qu’il ne sera probablement pas au programme de la prochaine élection présidentielle. Depuis plus de 30 ans, ce n’était qu’une promesse, elle est abandonnée sous la pression de l’extrême droite !
Engagement 30 : « Je lutterai contre le ‘délit de faciès’ dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens, et contre toute discrimination à l’embauche, au logement. »
Quelle que soit l’efficacité qu’on prête au CV anonyme, le 9 juillet 2014, le Conseil d’État a annulé le refus implicite du Premier ministre de prendre le décret d’application de la loi sur ce sujet et lui a enjoint de prendre ce décret dans un délai de six mois. A ce jour, le gouvernement n’a pas donné suite à cette injonction.
Quant au délit de faciès, le récépissé obligatoire, lors des contrôles d’identité, a été abandonné au premier froncement de sourcil policier, mettant la police au dessus de tout soupçon et légitimant de façon indirecte cette pratique.
Mieux. Le 24 juin 2015, l’État a été condamné pour contrôle au faciès : trois ans après la plainte du collectif « Stop le Contrôle au Faciès », la Cour d’Appel de Paris a jugé que, pour cinq des plaignants, l’État avait commis une faute lourde et qu’il leur était redevable de 1500 euros de dommages et intérêts. Une victoire juridique importante. Mais l’État n’accepte pas ce jugement et a déposé un pourvoi en Cassation. L’État, le gouvernement, a choisi son camp. Celui des policiers, quel que soit leur comportement, contre celui des citoyens alors que ce jugement constate des anomalies dans les contrôles d’identité. Il aurait pu profiter de ce jugement pour faire comprendre aux policiers la nécessité des récépissés après chaque contrôle d’identité. Il s’est contenté du retour sur les uniformes du matricule, du code de déontologie de la police réformé et de la possibilité pour les citoyens de saisir directement la « police des polices ».

Dans cette atmosphère, désespérante et désespérée, rien d’étonnant que de nombreux collectifs de banlieue (près d’une centaine) dont l’Association des Marcheurs de 1983, Vies Volées (collectif des familles de victimes de policiers), Femmes en lutte 93, Mamans toutes égales, Collectif des féministes pour l’égalité, les Femmes dans la mosquée… aient appelé à cette marche, témoignant de l’intense travail de mobilisation qui a été fait et de la nécessité de se regrouper pour se faire entendre. Avec le soutien de nombreuses associations à l’étranger.
A cette manifestation s’étaient joint différents collectifs de sans papiers, de mal logés (des logements pour tous)… des associations appelant au soutien du peuple palestinien, au boycott d’Israël…

La Marche de 1983 était « contre le racisme », sans autre précision, et tout le monde savait que, sans exclure quiconque, les principales victimes du racisme étaient les jeunes d’origine maghrébine. Finalement, la Marche avait obtenu une réforme qui ne touchait pas directement les jeunes mais apportait une amélioration du statut des parents des marcheurs.

En 2015, la Marche a senti le besoin de préciser les différentes catégories de racisme qu’elle combattait et, depuis que l’islamophobe est devenue la principale référence pour le racisme, il a été nécessaire de préciser d’autres formes, « négrophobie », « rrhomophobie ».
Ce qui a , au moins, deux conséquences : l’oubli d’une éventuelle « judéophobie » ou, plutôt, du classique antisémitisme malgré la présence dans le cortège de juifs antiracistes et, d’autre part, le racisme contre les Magrébins ou les Turcs… à moins qu’ils ne soient rangés, volens, nolens, sous la rubrique de musulmans. On revient au langage colonial qui, en Algérie, appelait les Algériens Français musulmans sans leur demander leur avis.

Quant aux partis et à la CGT (qui n’est pas un parti) qui ont participé à cette manifestation, ils étaient, comme souvent, en fin de cortège (PCF, EELV, Front de gauche, Ensemble !, NPA). Sauf le Parti des Indigènes de la République et l’UDMF (Union des démocrates musulmans français) qui étaient dans le cortège.

Il n’est pas sûr que cette vision catégorielle, pour ne pas dire communautaire, du racisme et de l’antiracisme, qui explique peut-être l’absence remarquée des associations féministes et antiracistes traditionnelles, soit un facteur très favorable pour lutter contre le racisme, contre tous les racismes et tous les racistes.

Ni le meilleur moyen de rapprocher les associations traditionnelles et les quartiers populaires.

Revue de presse n°84 (Europe)

Onze pays sur les 17 de la zone euro ont accepté d’appliquer un prélèvement sur les transactions financières : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Autriche, la Belgique, la Grèce, la Slovénie, la Slovaquie et l’Estonie… réclamée depuis une quinzaine d’années par les Altermondialistes. Politis18/10/12.

Les Grecs décrètent la grève générale, les Portugais se rebellent et les Espagnols sont à bout de nerfs. Les 27, eux, tiennent sommet et jugent la sortie de crise « tout près ». Libération 18/10/12.

Contrôles d’identité.
RU 
: Depuis 1986, une loi encadre les contrôles d’identité… « À Londres, nous avons commencé à rassembler ces informations (ethniques) en 1992. Ça a été aussi le cas à peu près à la même période dans le reste de l’Angleterre et du pays de Galles », explique l’inspecteur en chef… La personne contrôlée se voit remettre un récépissé qui comprend notamment le nom du policier, le motif du contrôle, le code ethnique, l’heure de la fouille et ses motifs et le résultat de celle-ci. Les données sont rendues publiques chaque mois. « Selon les informations communiquées…, on constate qu’une personne ‘noire’ a 4,5 fois plus de risques d’être contrôlée qu’une personne blanche »… le pourcentage de contrôles débouchant sur une arrestation est de 16,5%.


Espagne . Depuis 2006, la police de la ville de Fuenlabrada (zone urbaine de Madrid) remet un récépissé, sous la forme d’un procès-verbal, à chaque personne contrôlée. Des informations telles que la durée du contrôle, son motif, la nationalité, le sexe, l’âge ou encore l’éventuelle révélation d’une infraction y figurent. Tout comme le numéro de matricule de l’agent, qui y es tégalement inscrit sur son uniforme. « Les résultats démontrent qu’en contrôlant 2 fois moins, la police est 2 fois plus efficace dans ses choix », précise le rapport du Défenseur des droits. L’expérience a été étendue à d’autres villes espagnoles, mais elle a été abandonnée à Gérone (Catalogne), à cause de l’opposition des forces de police à ce procédé.

États-Unis : … pas de législation fédérale sur les contrôles d’identité… A New York, la police – qui doit avoir « un doute raisonnable » pour procéder à un contrôle – remet aux personnes concernées une fiche en six langues, les informant de la procédure et de leurs droits. En revanche, aucun reçu n’est donné. En 2011, 685.000 contrôles d’identité, et sur 1.700 plaintes les concernant, 200 ont été considérées comme fondées… plus de 50% des personnes contrôlées sont « noires » ou « hispaniques ».

Canada : Les contrôles d’identité nécessitent « un cadre juridique ». Un badge d’identification bien visible figure sur les uniformes des policiers, une politique de recrutement d’agents issus des « minorités » et des contacts suivis avec la commission locale des droits de l’Homme ont été mis en place… Aucun récépissé n’est délivré. Cette possibilité est à l’étude.

Hongrie : Dans ce pays où les Roms étaient exposés à un profilage racial selon plusieurs études, 3 sites pilotes avaient été choisis en vue de la mise en place d’un formulaire en cas de contrôle d’identité. L’arrivée au pouvoir de Viktor Orban a mis un terme au projet. JDD 17/10/12.

RU : Le Times mène une campagne musclée pour que soit mis un terme à l’évasion fiscale, légale mais immorale. Le quotidien londonien est parti à la chasse des 533 exilés fiscaux britanniques à la tête de sociétés immatriculées au RU qui résident à Monaco. La gent cossue du Rocher représente une perte de plus d’un milliard de livres (1,24 milliard d’euros) pour le fisc anglais. Le Monde 17/10/12.

Une politique indigne du prix Nobel de la paix
En Allemagne, le nombre de demandeurs d’asile serbes et macédoniens a explosé, passant du simple au double en un mois. La plupart… sont des Roms. Le ministre de l’Intérieur… leur reproche d’abuser du droit d’asile et menace de suspendre la liberté de visa pour les deux pays. L’Europe devrait pourtant être à la hauteur de son prix Nobel de la Paix, du moins a posteriori.  » Elle devrait tester les valeurs humanitaires en Méditerranée où l’Europe couronnée de son prix de la paix regarde des milliers de réfugiés se noyer, car elle ne connaît rien d’autre que le protectionnisme et la xénophobie… » Frankfurter Rundschau 16/10/12.

Chypre : Le président Dimitris Christofias envisage de démissionner pour ne pas avoir à ratifier un mémorandum austéritaire avec les créanciers internationaux. Le quotidien conservateur le rappelle à son devoir : « Nous devons tous réfléchir avec patriotisme, sérieux et responsabilité. Nous voulons croire qu’il ne s’agit ici que d’une rumeur. Un président ne peut reculer devant le problème et ne doit pas diviser les citoyens et l’État. … S’il démissionne pour ne pas avoir à signer le mémorandum d’une troïka qu’il a lui-même invitée, l’histoire sera particulièrement dure à son égard. Aucun citoyen, aucun combattant et surtout aucun leader politique n’a le droit de quitter le champ de bataille. On n’a pas le droit de déserter, et surtout pas à la dernière minute. » Simerini – Chypre 15/10/12)


Lituanie Nucléaire : Parallèlement aux élections législatives, les Lituaniens se sont exprimés par référendum contre la construction d’une nouvelle centrale nucléaire : « Le plus gros échec de la présidente Grybauskaitė est le référendum sur le projet de centrale à Visaginas, qu’elle souhaitait vraisemblablement vendre comme la plus grande réalisation de son mandat. Mais les électeurs ont voté non au référendum… Elle déclare maintenant que seule une partie des électeurs a exprimé sa volonté et que moins d’un tiers de ces votants douterait de l’utilité de la centrale. Comment comprendre cette déclaration ? Les résultats sont-ils invalides s’ils ne vont pas dans le sens de la présidente ? » Delfi, Lituanie 15/10/12.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce samedi en Espagne et Portugal à l’occasion d’une grande journée de contestation sociale. Les manifestations s’inscrivaient dans le cadre de la journée internationale “Global Noise” contre la dette des États. Ce sont donc casseroles à la main que ces Espagnols ont défilé pour se plaindre de l’austérité qui mine le pays. Euronews 13/10/12.

En août 2012 par rapport à août 2011, la production industrielle a baissé de 2,9% dans la zone euro et de 1,8% dans l’UE27. : la production debiens intermédiaires adiminué de 4,9% dans lazone euro et de 3,8% dans l’UE27. Les biens de consommation durables ont reculé respectivement de 4,9% et 2,9%. Les biens d’investissement ont diminué de 1,9% et de 0,8%. Les biens de consommation non durables ont baissé de 1,4% et 0,8%. La production d’énergie est restée stable dans la zone euro et a baissé de 0,5% dans l’UE27.

La production industrielle a diminué dans 11 États membres et a augmenté dans 11 autres. Les baisses les plus marquées en Italie (-5,2%), en Espagne (-3,2%) et en République tchèque (-3,1%), et les hausses les plus importantes en Slovaquie (+17,0%), en Lituanie (+11,1%) et en Lettonie (+8,1%). Eurostat 12/10/12.

Allemagne : A la fin de l’école primaire, les enfants de foyers démunis lisent et calculent plus mal que ceux des ménages plus privilégiés, les écolier(e)s originaires de familles issues de l’immigration sont distancés par les Allemands d’origine et les filles sont meilleures en lecture que les garçons qui les surpassent par contre en math. Tels sont les principaux résultats du dernier tableau comparatif de l’éducation dans les Länder, selon le Tageszeitung berlinois.

L’école ne parvient pas à combler les différences entre les élèves au bout de 4 ans de scolarisation (6 ans à 9 ans). Les écoliers issus des couches sociales les plus élevées ont déjà l’équivalent d’un an de scolarité d’avance sur les retardataires provenant des milieux défavorisés, compréhension à l’écrit et à l’oral ou compétences en maths. Berlin blog 11/10/12.