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Droit du sol, droit du sang : Quand c’est fini… ça recommence …

Périodiquement, la droite attaque le droit du sol. Aujourd’hui, fascinée par le FN , minée par ses divisions, elle remet le couvert avec un point d’accroche peut-être productif mais fantasmatique et totalement absurde. C’est ainsi que Jean-François Copé pose la question sur France Inter  : « Est-il normal qu’un enfant qui naît en France, de parents venus en France irrégulièrement, qui sont donc des clandestins, puisse devenir automatiquement français ? La réponse est non. »

Bien sûr. Mais comment des enfants nés de parents en situation illégale pourraient-ils bénéficier du droit du sol ?

Il existe deux façons de bénéficier du droit du sol en France. D’une part, par la double naissance sur le territoire : sont français à la naissance les enfants nés en France de parents nés en France (art.19-3 du Code civil), ce qui n’est pas le cas d’un étranger entré clandestinement. D’autre part, par la simple naissance sur le territoire : quand les parents sont nés à l’étranger, leurs enfants nés en France deviennent français à leur majorité. Avec la possibilité, pour les parents de demander la nationalité pour leur enfant, avec son consentement, à partir de l’âge de 13 ans, s’il a alors son domicile en France et y a vécu pendant les 5 années qui précèdent ; à partir de l’âge de 16 ans, le jeune lui-même peut la demander, seul, s’il habite en France au moment de la demande et y a résidé pendant 5 ans depuis l’âge de 11 ans (art.21-11).

Dans le cas le plus favorable, la simple naissance, cela suppose que les parents sont sans papiers après 13 ans de présence en France, ou 16 ans, ou 18 ans, ce qui est peu vraisemblable et parfaitement vérifiable par l’administration au moment de l’acquisition de la nationalité.

Il n’est donc nul besoin de changer la loi pour aboutir au résultat officiellement recherché, empêcher les enfants de personnes en situation illégale d’obtenir la nationalité française.

Mais est-ce le but réellement recherché ? Par de probables calculs politiciens n’est-ce pas plutôt après avoir fait naître un soupçon imaginaire de fraude, en réalité impossible, de disqualifier le droit du sol tel qu’il existe pour l’ensemble des bénéficiaires potentiels ?

Qui a intérêt à maintenir à l’extérieur de la communauté nationale des jeunes qui sont nés en France ? Qui ont été scolarisés, socialisés en France ? Qui peut le justifier ? Sauf à vouloir mettre un obstacle supplémentaire à l’intégration d’une partie de la population vivant en France et par là ostraciser une partie de la population française de même origine ?

Tout ceci prouve bien que Jean-François Copé ne connaît pas la loi – étonnant – ou que, la connaissant, il invente des situations impossibles pour provoquer – comme avec le pain au chocolat – des affrontements dont il espère recueillir quelques bénéfices personnels au détriment du vivre ensemble, de la paix sociale et même de l’unité de son camp. Et finalement de l’intérêt national.

C’est peut-être ce qu’ont compris les 73% des Français qui ont une mauvaise opinion de Jean-François Copé, selon le sondage du « Parisien-Aujourd’hui en France» .

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COPE SUR LE CHEMIN DE MAR(T)INE ?

Comme en 2008, riait la droite, en 2012 rit la gauche. A la suite, dans les deux cas d’une victoire aussi légère que peu transparente. Par le score, Aubry bat Copé 102 à 98. Reste à savoir si Copé est parti pour 4 années de victoires successives comme Aubry de 2008 à 2012. Toutes élections comprises, des municipales à la présidentielle. Sans oublier, la cooptation très peu démocratique de Harlem Désir à la tête du PS.

 

Tout cela prête à rire jaune devant cette « démocratie formelle », entre membres d’une même organisation. Si les deux « gros » partis respectent aussi peu leurs adhérents, comment peut-on penser qu’ils respectent ou respecteront leurs électeurs ? Si les deux clans peuvent rire, tour à tour, au dépens les uns des autres, sous les regards en direct des citoyens, comment s’étonner que le moment venu les électeurs aillent voir ailleurs ?

 

Quoi qu’il en soit, voici aujourd’hui l’UMP profondément divisée.

  • A la satisfaction, peut-être illusoire, du PS. La division peut entraîner la surenchère oppositionnelle.
  • A la satisfaction des centristes de Borloo qui espèrent profiter de l’occasion pour s’étoffer. C’est déjà le cas avec Méhaignerie mais probablement avec d’autres de moindre notoriété.
  • A la satisfaction du Front national et de ses alliés plus ou moins occultes comme Buisson ou Guillaume Peltier (passé un temps au FN) et ses amis de la Droite forte.

 

Ce résultat est une nouvelle étape dans la progression annoncée du Front national. Après avoir réussi une certaine dédiabolisation, avoir poussé Nicolas Sarkozy, puis Jean-François Copé à droitiser leur campagne, après avoir séduit, malgré cela, une partie des des électeurs et des partisans de l’UMP, voici qu’il a réussi à cliver, profondément, le parti dominant de la droite.

Il ne fait pas de doute que les uns et les autres, au sein de l’UMP, par le simple instinct de survie organisationnelle, vont multiplier les appels à l’unité, au compromis. Mais comment vont réagir les adhérents ? Question qui se pose aussi bien pour les modérés que pour les droitiers de l’UMP.

 

Jean-François Copé ne vise pas seulement la présidence de l’UMP. Avec l’UMP, il vise la présidence de la République. L’élection d’Obama a montré qu’un président pouvait être réélu malgré le chômage… et un premier mandat décevant. Grâce à la dérive droitière d’une partie des électeurs républicains qui ont fait perdre Romney.

 

Malgré son énergie, Nicolas Sarkozy a perdu sa réélection face à un candidat de gauche qui ne déclenchait pas une franche adhésion populaire. Mais Sarkozy a perdu des électeurs centristes au second tour. Au point que François Bayrou s’est prononcé pour le candidat de gauche. Que le centre s’est reconstitué autour Borloo. Que maintenant d’autres sont tentés d’abandonner le navire.

 

Après avoir tiré l’UMP vers une droite extrême décomplexée, Jean-François Copé se trouve devant une équation difficile : faire une unité impossible avec l’extrême droite ? Sous la direction de qui ? Ou après avoir assuré son autorité sur la droite dure de son parti, entreprendre de séduire les modérés ?

Son avenir national dépend aussi de l’évolution économique et sociale (chômage en particulier) du pays, et de l’état de la gauche.

 

Le pire n’est pas certain mais les responsabilités de François Hollande sont énormes…