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La gauche de la désespérance

La gauche de la désespérance

La situation n’est pas désespérée, elle est désespérante. Quand on voit la gauche désorientée, dispersée, à quelques mois des élections présidentielle et législatives de 2017. Ce serait risible s’il ne s’agissait que des perspectives électorales. Mais il s’agit de beaucoup plus grave.

Depuis plus de trente ans, la gauche gouvernementale n’a rien à offrir aux couches populaires, aucune perspective de changement, elle nie la réalité, a abandonné ses principes et l’utopie. Elle s’est convertie à l’idéologie dominante.

Malheureusement, cela ne touche pas que la gauche française.

Depuis des années, loin d’une réflexion concrète sur une situation concrète, une bonne partie de la gauche et de l’extrême gauche française s’est attachée à des mythes mortifères. Elle n’a cessé de proclamer, « il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun » mais a brandi, simultanément ou successivement, suivant ses multiples chapelles, les portraits de Lénine, Staline, Mao, Castro, Guevara ou de tel éphémère dictateur, de gauche bien sûr.

Ces mythes se sont effondrés l’un après l’autre.

Tous les pays dits communistes ont évolué vers des régimes autoritaires avec le soutien des partis frères dans les pays démocratiques dont le PCF.
Les socialistes, de la SFIO au PS, et les gouvernements socialistes ont soutenu et soutiennent, jusqu’à l’acharnement, le colonialisme et le néocolonialisme français et ont évolué, après les autres partis socialistes ou social-démocrates, vers le libéralisme.
Aujourd’hui, se dire communiste ou socialiste est, plutôt, un handicap, un repoussoir, ces mots rappellent un passé négatif, douloureux et ne donne pas une image d’avenir, d’espoir, d’utopie.

La gauche de la désespérance

La gauche a longtemps dénigré les libertés bourgeoises, formelles, dont s’est emparée la droite qui, sans l’égalité, sans la solidarité, l’a promue, en France et dans le monde, en liberté de l’entreprise, liberté d’enrichissement, liberté du marché, liberté de circulation des marchandises et des capitaux ce qui a finalement abouti au libéralisme financier.

La Révolution de 1789 et la laïcité de 1905 avaient réduit les contraintes au niveau politique et religieux, et permis une démocratie, imparfaite certes. La faiblesse de la gauche nationale et internationale a ouvert la voie aux contraintes du marché dans tous les secteurs de la vie : la politique, sommes consacrées aux élections, groupes de pression, conflits d’intérêt ; la production avec l’alignement sur le moins disant social ; la consommation conditionnée par la publicité ; la santé et le programme de François Fillon sur la sécurité sociale et les assurances privées annonce la prochaine étape… Sans empêcher le retour du religieux.

Ce libéralisme déchaîné se traduit par une augmentation des inégalités de revenus. Ici et ailleurs.

La droite extrême, conduite par des nostalgiques de l’Algérie française et de l’Empire, suivie par d’autres, s’est emparée de la lutte pour l’égalité pour tous et en fait une revendication discriminante. Suscitant des divisions et oppositions dans la population, en fonction de la nationalité, de la couleur de la peau, de la religion, au profit de ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique. Le patronat, les propriétaires du Cac 40 (1) comme l’argent, n’ont pas de couleur. Dévoyant la lutte des classes en lutte des races. Emportant, par la même occasion, la fraternité et la solidarité réservées, en paroles, aux seuls Français conformes à leur vision, aux seuls Français qui leur ressemblent… tout en les restreignant beaucoup dans la pratique : chasse aux abus sociaux, aux faux chômeurs, aux faux malades…

Cette façon de donner une dignité aux personnes des classes sociales défavorisées en désignant d’autres plus défavorisés, non comme d’égales victimes mais comme des responsables, ne peut que sauvegarder l’impunité des vrais coupables. C’est seulement par la revendication et l’application de l’égalité pour tous que pourra se construire le vivre ensemble et une société nouvelle.

Incapable de contrer l’inégalitarisme triomphant, la gauche de gouvernement a abandonné les couches les plus défavorisées.
Croyant les populations d’origine immigrée définitivement acquises devant la politique et les déclarations outrancières de la droite extrême, la gauche de gouvernement a oublié que des Français – quelquefois de moins fraîche date que d’anciens président de la République ou Premiers ministres aux mots malheureux… – pouvaient être touchés par des déclarations, proches de celles de la droite, et stigmatisés par certaines mesures : contrôles au faciès, proposition d’inscrire dans la Constitution la déchéance de la nationalité… (2)

Au delà, la gauche n’a pas assuré l’égal accès de tous à l’école, à l’emploi, l’égalité entre femmes et hommes, notamment au niveau des salaires ou de l’emploi…

La gauche a voulu remplacer la lutte pour l’égalité sociale par la lutte pour l’égalité sociétale, vers une plus grande liberté des individus. Elle ne s’adressait pas à la même population. Certaines de ces mesures – reconnaissance de la diversité d’orientation sexuelle, accès de tous au mariage et à l’adoption… – heurtait profondément de larges pans des classes sociales défavorisées ou non. Elle a cru qu’elle pouvait s’en tirer en parlant simplement, et avec mépris, de « catholiques zombies ». Alors qu’il aurait fallu une importante campagne d’explication et incorporer le mariage pour tous à une vision générale de libération individuelle et collective.

De même, il n’est pas possible, quand on se bat pour l’égalité pour tous, de se « contenter » d’avancer, d’appuyer de justes revendications en laissant le champ libre à la droite et à l’extrême droite qui défendent une égalité discriminante. La gauche qui défend des causes justes, égalité Français-immigrés, lutte contre les actes raciste, défense de la laïcité, ne sait pas s’adresser à tous pour faire comprendre qu’il s’agit d’un intérêt commun. Elle n’a que des réponses défensives face à ceux qui essayaient de monter les uns contre les autres, au bénéfice de leur ennemi commun. Elle ne sait pas montrer que la discrimination ne sert qu’à hiérarchiser les défavorisés pour engager une partie de la population dans l’exploitation de plus faibles. Elle ne sait jouer que de la culpabilité des blancs, racistes et colonialistes, là où il faudrait les convaincre par le cœur et faire naître l’enthousiasme pour une lutte collective, unitaire contre ceux qui tirent les bénéfices de ces divisions.

Car le peuple résiste au racisme que certains politiques distillent quotidiennement. Malgré plus de 20 ans de déclarations de « voix autorisées » contre les personnes immigrées, depuis 1999, autour de 50 % des sondés est favorable au droit de vote des résidents étrangers non communautaires aux élections municipales et européennes ; la Commission nationale de défense des droits de l’homme a constaté récemment que, malgré les attentats, les Français sont plus tolérants ; lorsque l’État répartit les réfugiés du Proche-Orient dans différentes communes de l’hexagone, ils sont plutôt bien accueillis s’il n’existe pas de cabale d’extrême droite pour prêcher l’intolérance et le rejet…

Il ne faut pas renforcer la division, l’intolérance, la discrimination instillée par la droite et l’extrême droite par le mépris et la culpabilisation de tous ceux qu’elles trompent mais faire appel à la justice, à la générosité, au cœur des gens pour promouvoir une unité populaire qui ne peut qu’être bénéfique à tous.

C’est la politique suivie depuis des dizaines d’années qu’il faut combattre, cette politique qui, dans un pays plus riche que jamais, voit augmenter, chaque jour, le nombre de pauvres et même de travailleurs pauvres !

La liberté sans l’égalité des droits pour tous, c’est la jungle. C’est la loi du plus fort. C’est ce qui se passe sous nos yeux : des riches de plus en plus riches, des pauvres de plus en plus nombreux. Liberté et égalité pour tous est la seule façon de construire, ensemble, la société de demain.

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1 – La rémunération moyenne totale des présidents exécutifs du Cac40 a ainsi connu une « inflation historique » de 18 % en 2015, pour atteindre 5 millions d’euros.

2 les lois sur l’attribution, l’acquisition ou la déchéance de la nationalité n’ont jamais été, en France, des lois constitutionnelles !

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Manipulateurs automanipulés

Ces temps-ci la démocratie vacille. Les peuples semblent vouloir n’en faire qu’à leur tête. Ils ne suivent pas ce que les compétents veulent, ils ne font pas ce que les compétents ont annoncé. Tout a été mobilisé l’argent, les sondages, les moyens d’informations. Rien n’y fait. Pourtant les sondages étaient bons, la politique était mauvaise.

Manipulateurs automanipulés ?

Bien entendu, il n’est pas question de faire une autocritique ou, pour être plus à la mode, un mea culpa. Les compétents avaient raison hier, ils ont raison aujourd’hui, ils auront raison demain.

Parmi eux, les sondeurs. Ils se sont quelque peu égarés concernant le Brexit, l’élection présidentielle étasunienne, la primaire de la droite et du centre en France… Il faut cependant les écouter car ils peuvent tout, ou presque tout, expliquer et montrer, par quelques contorsions, qu’ils ne se sont pas trompés… Quoi qu’il en soit, par les résultats publiés de leurs enquêtes, ils induisent une bonne partie des discussions politiques et donc influencent les résultats, à partir d’une réalité qu’ils ont mesurée de façon quelquefois très approximative.
Mais laissons les sondeurs à leur science inexacte. Ils ne sont pas les plus responsables. Ils font ce pour quoi ils sont payés. Ils doivent même donner satisfaction puisque les commanditaires en redemandent !!!

A coté, des sondeurs, tout à coté, il y a ceux qui commandent les sondages, ceux qui commentent les sondages, ceux qui accusent les sondeurs de se tromper, qui expliquent pourquoi ils se trompent grâce aux résultats d’autres sondages.
Que feraient les journalistes sans sondages ? Peut-être feraient-ils des enquêtes, au-delà des compétents qu’ils fréquentent tous les jours. Tiendraient-ils compte de ce qu’ils entendraient ou verraient ? Ce n’est pas certain.

Manipulateurs automanipulés ?

Ils ont accepté pendant des années de prévoir, grâce aux sondages les résultats des élections. Puis, devant les résultats qui n’étaient pas ceux annoncés, ils ont accepté d’écrire, sous la dictée, que les sondages n’étaient pas des prédictions mais seulement une vision de l’opinion publique à un instant t (pour faire scientifique). Sans en tenir vraiment compte. Ils ont, par exemple, claironné que l’élection de Hilary Clinton était acquise – à 75, à 80 % ? – et pourquoi.
Ils ont immédiatement, après les résultats, expliqué, grâce aux sondages sortie des urnes, pourquoi elle avait été battue.

Les sondeurs ont accepté, après bien des années de refus, de chiffrer la précision des sondages suivant l’importance de l’échantillon… généralement autour de 2 à 3 % mais les sondeurs et les journalistes ont continué à spéculer sur la progression d’un candidat ou à établir des classements de concurrents quand la différence était bien inférieure à ces 3 %, dans le même journal, dans la même page, quelquefois dans le même article !
C’est aussi passionnant que le prix de l’Arc de Triomphe avant le virage. Est-ce plus politique ?

La divine surprise pour les politiques de droite, c’est le remplacement de ce parvenu, encombrant mais jusque là nécessaire pour la bonne société de droite, qu’était Nicolas Sarkozy, par son éminent collaborateur de 5 ans, à la suite d’une primaire qui a mobilisé plus de 4 millions de personnes qui se sont déclarées à 80 % contre l’ancien président et à 44 % pour son ancien premier ministre ! Qui étaient coresponsables de la politique suivie pendant 5 ans.
Les journalistes, les politiques, les sondeurs avaient tous expliqué qu’une forte participation donnait l’avantage à Alain Juppé, une participation restreinte à Nicolas Sarkozy. La participation a été importante et a mis largement en tête François Fillon qui était relégué à la troisième ou à la quatrième place…

Comme on ne fait que ce que l’on sait faire et par un phénomène d’accoutumance irrépressible, vingt-quatre heures ne s’étaient pas écoulées après la primaire de la droite et du centre qui a montré un gouffre entre les résultats des sondages et la réalité, qu’apparaissent les premiers sondages sur l’élection présidentielle de 2017. Une enquête qui place le candidat de la droite en position très favorable dans la perspective de l’élection de 2017 (1).
Bien entendu, sondage à l’instant t, pour une élection qui n’aura lieu que dans six mois et pour laquelle on ne connaît ni les candidats, ni les circonstances mais qui permet de faire du papier et du conditionnement d’opinion.

La question que pose le Figaro est très simple : « Candidat investi par la primaire de la droite et du centre dimanche, François Fillon profitera-t-il de la dynamique engendrée par sa large victoire et la mobilisation de 4,4 millions d’électeurs ? » La réponse est claire : « Cette spirale vertueuse bénéficie au champion de la droite si l’on en croit l’étude…le lendemain de son élection. »

Cette affirmation s’appuie sur les résultats du sondage. François Fillon obtient, au premier tour, 28 à 31 % des intentions de vote et Marine Le Pen 23 à 25 %. Au second tour, il « sortirait vainqueur avec 66% des voix contre 34 pour Marine Le Pen ». Il ne s’agit plus des intentions de vote mais de voix, petit glissement sémantique… propre à fortifier les intentions. Et la « spirale vertueuse ».

Or en consultant sur Wikipedia, les résultats des sondages concernant la présidentielle de 2017, Odoxa lui donnait le 25 et Harris le 27 novembre, au premier tour, 32 et 26% des intentions de vote et à Marine Le Pen à 22 et 24 %. Et au second tour, 71 contre 29 et 67 contre 33 (2).
Il faut avoir une loupe à fort grossissement pour voir une spirale vertueuse, une différence significative même en ne tenant pas compte de la marge d’erreur de 2 à 3 % !

Si les journaux s’occupaient moins des sondages, ils pourraient faire un travail politique d’enquête et de véritable analyse, ils pourraient envoyer leurs grands reporters dans ce continent exotique et inconnu qu’est la France profonde… des électeurs. Pour le moment, les grands magazines semblent surtout se regarder le nombril et en faire sinon le centre du monde au moins la Une de leur publication.
Ainsi, Robin Andraca (3) relève que François Fillon, avec66 % des électeurs de droite, « a gagné sans faire une seule fois la couverture d’un grand hebdomadaire français en 2016. Tout le contraire d’Alain Juppé, qui depuis 2014 avait les faveurs des hebdos, à gauche comme à droite »  comme Society, janvier 2016, L’Obs, 20-29 octobre 2016, Les Inrockuptibles, 12-18 novembre 2016, Marianne, 16-22 octobre 2015. Bien entendu, les choses ont changé depuis les résultats de la primaire.

Cela me rappelle deux anecdotes : celle de cet électeur français que j’ai très bien connu, qui prétendait que la télévision avait toujours raison et votait régulièrement communiste ; et celle qui m’a été rapportée, de ce jeune polonais qui lorsque la télévision communiste annonçait qu’il neigeait à Varsovie disait à son père « Papa ! Ce n’est pas vrai ». La télé ne pouvait que mentir.

Quoi qu’ils fassent, la résilience des peuples est remarquable et leur est difficilement supportable. La situation n’est pas complètement désespérée.

Manipulateurs automanipulés ?

1 – Kantar Sofres Onepoint réalisée pour RTL, Le Figaro et LCI Le Figaro 29/11/16),

2 – https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l’%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017

3 – Arrêt sur image, 28/11/2016.

C’est loin l’Amérique ? (2)

C’est loin l’Amérique ? (2)

Souvent, ce qui se passe aux États-Unis d’Amérique (ÉUA) arrive quelque temps plus tard en Europe. D’où la question : Faut-il s’attendre à des résultats semblables à ceux de l’élection présidentielle étasunienne, lors des consultations importantes qui vont avoir lieu dans les mois qui viennent : référendum en décembre en Italie, élections au printemps en France et aux Pays-Bas, en septembre en Allemagne.

En réalité, cette fois, c’est plutôt dans les pays européens que les choses ont commencé.

La tornade libérale qui a envahi le monde est partie du Royaume-Uni sous l’impulsion de Margaret Thatcher suivie aux ÉUA de Ronald Reagan avant de se répandre dans les autres pays.

C’est la même antériorité du Royaume-Uni que Donald Trump a reconnue en promettant de faire de l’élection présidentielle aux ÉUA un Brexit puissance trois ! Promesse tenue !

Mais au Royaume-Uni, la dynamique est partie en dehors des deux grands partis de gouvernement qui en ont été ébranlés.

Un rejet des gouvernements des États et de l’UE parcourt toute l’Europe. Ce rejet a, jusqu’ici, été maîtrisé par des astuces juridiques, des immixtions politiques, des pressions financières. De véritables dénis de démocratie. Ce qui entraîne la formation et la croissance de mouvements et de partis qui s’attaquent de plus en plus, au-delà des gouvernements, à des principes démocratiques que l’on croyait définitivement installés.

Les premières atteintes à la démocratie, dans son esprit, sont venues des gouvernements dans la construction de l’UE. Ils ont contesté le résultat des référendums dans plusieurs pays.
Les peuples ont ainsi appris qu’il y avait une seule réponse possible lors des référendums. Si la réponse n’était pas satisfaisante pour ceux qui la posaient, un second référendum était organisé. Ou le peuple était déchargé de sa responsabilité, trop grande pour lui, en faveur de ses représentants qu’il avait désavoués.

Dans ces occasions, comme lors des résultats du référendum sur le Brexit ou lors de l’élection présidentielle aux États-Unis, l’énorme majorité des compétents sont stupéfaits de voir que les peuples peuvent avoir un avis autonome. D’où un mépris affiché avant, pendant et après la consultation : le peuple n’a rien compris. Seule autocritique possible, les compétents n’avaient pas suffisamment expliqué les bienfaits qu’il fallait attendre des solutions proposées. Malgré la quasi-unanimité des médias.
Leur intelligence était dés lors toute mobilisée pour voir comment contourner cette volonté populaire aberrante.

Un pas de plus vient d’être franchi. L’Accord économique et commercial global (AEGC) ou Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, signé le 30 octobre par les 28 gouvernements européens et le gouvernement canadien, sera appliqué, provisoirement, avant que les parlements ne l’aient adopté. Quelle pudeur, provisoirement !

Même les parlements vont être court-circuités ! Que se passera-t-il si un ou plusieurs pays de l’UE refusent de l’entériner quand il sera en application depuis une ou plusieurs années…

Que va devenir l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE, mis, provisoirement, au réfrigérateur mais non annulé, depuis son rejet par référendum aux Pays-Bas ?

Pendant ce temps, du fait de la politique suivie, la faille entre les riches et les pauvres ne cesse de grandir, y compris dans les pays dits exemplaires qui ont inventé les jobs, ein euro ou les zero contracts !

Inutile de revenir sur les péripéties de la politique sociale et économique imposée au peuple grec et à son gouvernement légal, malgré élection et référendum… Politique imposée par Wolfgang Schäuble avec le soutien des autres États et de la troïka ; ou sur la résistance du gouvernement de Matteo Renzi face à la Commission européenne (CE).

C’est loin l’Amérique ? (2)

Certains en viennent à remettre en question la pratique du référendum comme Nicolas Sarkozy qui n’a pas provoqué un nouveau référendum pour le texte modifié du projet de Constitution européenne mais l’a fait adopter par le parlement dont l’immense majorité approuvait le texte avant sa modification. Succès assuré. Il n’a pas respecté le peuple souverain.

Par contre, le même Nicolas Sarkozy est plein de respect pour le peuple souverain qui vient d’élire Donald Trump parce qu’il espère gagner avec des méthodes proches, promettant tout et son contraire suivant les circonstances.
Il aurait pourtant du se rendre à l‘évidence : il est plus facile d’analyser collectivement un texte aussi complexe soit-il que de savoir ce qui se passe dans la tête d’un président nouvellement élu.

Beaucoup se posent aujourd’hui la question à propos de Ronald Trump dont les propos de campagne n’ont pas toujours respecté les canons de la logique. Mais qui avait prévu, adversaire ou partisan, ce que ferait François Hollande de sa présidence ?

Ne serait-il pas plus judicieux que tous les démocrates se posent la question de la mise en place d’une assemblée nationale constituante par élection de ses membres ou tirage au sort ? Pour remplacer la constitution de la Vième République qui a instauré une présidence pratiquement sans contre pouvoir et dont on peut constater les inconvénients.

Donald Trump n’est pas le premier à gagner une élection grâce à sa fortune personnelle. Silvio Berlusconi l’a précédé depuis longtemps dans cette voie. L’un est devenu célèbre, par sa fortune dans l’immobilier et son émission de télé-réalité The Apprentice, l’autre tout aussi chef d’entreprise et surtout patron de chaînes de télévision. Tous deux étaient déjà bien connus avant leur engagement politique.

Coté fortune, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ne sont à plaindre.

Donald Trump a probablement gagné les élections par le mépris affiché des convenances dont il a fait preuve. Silvio Berlusconi a, ici aussi, montré l’exemple et a fait une longue carrière (terminée?) avec ses plaisanteries douteuses, poursuivi du mépris de ses collègues au niveau international.

Donald Trump a prononcé des phrases, discutées par ses partisans et ses adversaires au pont de devenir centrales. En France, Nicolas Sarkozy, une proposition par jour, et Jan-Marie Le Pen spécialiste des suggestions racistes répétées, ont construit une bonne partie de leur popularité sur cette technique d’occupation de l’espace médiatique en permanence.

Jean-Marie Le Pen est probablement le père de la technique. Mêlant patience et provocations, il a réussi à se hisser au second tour de l’élection présidentielle de 2002. C’est un véritable virtuose en matière de racisme antisémite avec un succès indiscutable. Lançant une phrase douteuse mais qui touchait une partie de la population et qui était renforcée par les explications de ses adversaires donnant à voir leur sens caché et se faisant ainsi interprète et porte-parole inconscients. Se plaçant toujours sur le terrain qu’il avait choisi au lieu d’avancer des propositions constructives.De même, pour son racisme anti-immigrés, avançant des chiffres ou des propositions contestables et amenant ses adversaires à les discuter et donc à les valider par cette prise en considération.
Il suffit de voir tous les argumentaires publiés pour dénoncer ses affirmations. Qui tournent depuis 40 ans autour des mêmes questions. Et qui
contestent Jean-Marie Le Pen avec des propos rationnels pour personnes convaincues. Le seul fait d’expliquer ou de dénoncer ces mensonge les renforce.
Donald Trump a pu avoir des mots encore plus méprisants contre les Noirs, les femmes, les Latinos, qui étaient largement repris par les médias et ne risquaient pas de le conduire devant un tribunal pour le délit de racisme qui n’existe pas aux ÉUA ?

Les Français dans leur immense majorité ne sont pas racistes même si certains tiennent des propos racistes et si quelques uns vont jusqu’à l’acte. Mais les sondages de la Commission nationale consultative de défense des droits de l’homme permettent de constater que la tolérance a progressé. Et même après les graves événements de ces derniers mois, il n’y a pas eu la dérive dangereuse que beaucoup craignaient.
Mais qui a pris le temps de s’adresser au cœur de ces Français au lieu de les traiter, avec suffisance, de beauf, d’imbéciles ou de racistes. Est-ce ainsi qu’on veut les faire changer ?

Donald Trump a porté la technique de Jean-Marie Le Pen à l’échelle étasunienne. Avec les médias numériques, peu importe ce qui est dit : ce qui compte, c’est le nombre de clics ! Comme ses déclarations ont choqué et augmenté l’audience des chaînes d’information, elles lui ont proposé de s’expliquer, poussant des opposant à réfuter ses arguments… Et CNN aurait gagné environ 100 millions de dollars de plus que prévu pendant le cycle électoral. En grande partie grâce à Trump (Courrier international 10-16/11/16).

En France les Le Pen, père et fille, n’ont pas beaucoup à se plaindre de leur place dans les médias. Mais la plupart de leurs adversaires n’ont guère de propositions à avancer en dehors de la politique suivie depuis des lustres et qu’ils se proposent d’accentuer. Et qui aboutissent à enfoncer les plus faibles dans la pauvreté, la culpabilité et le mépris.

La révolte sourde a été rendue visible au Royaume-Uni par le Brexit, aux ÉUA par l’élection de Donald Trump, en France avec la montée du Front national qui ne date pas d’hier mais qui peut franchir une nouvelle étape. Elle se voit aussi dans des pays, autrefois au dessus de tout soupçon : Belgique avec le Vlam Belang (Intérêt flamand), Pays-Bas avec le Parti pour la liberté (PVV), Allemagne avec l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), Italie avec la Ligue du Nord et le Mouvement cinq étoiles, Hongrie avec Viktor Orbán et encore plus à droite le Jobbik (Alliance des jeunes de droite – Mouvement pour une meilleure Hongrie), Roumanie avec le Parti de la Grande Roumanie, Autriche avec le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche), Norvège avec le Parti du progrès ou Danemark avec le Parti populaire (Mediapart 10/11/16).

Dans les faits, le premier parti des pauvres est celui des abstentionnistes. A chaque fois qu’ils ont eu un début d’espoir, ils se sont, au moins partiellement, mobilisés et n’ont pas tardé à être déçus. Ils ne se sont pas sentis abandonnés, comme on le lit partout, ils ont été abandonnés et trahis. Certains ont même théorisé cet abandon : les questions sociétales, qu’il ne faut pas négliger, sont plus importantes que les questions sociales qui sont négligées

Reste à espérer est-ce réaliste ? que ceux qui ne se trompent pas d’adversaire et qui essaient de redonner un espoir et un sens à la révolte sauront les motiver : Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne, Syriza en Grèce malgré ses échecs, Bloc des gauches au Portugal, France insoumise, travaillistes de Jeremy Corbyn, électeurs de Bernie Sanders….

Aux élections étasuniennes on a vu que les abandonnés, les jeunes pouvaient se mobiliser avec Sanders, mais non avec ceux ceux qui les enfoncent à l’occasion de la crise la plus importante depuis 1929, qui dure maintenant depuis près de 10 ans et risque de tourner à la catastrophe…
Plus que tous, ils ont intérêt à renverser la table.

Papa, c’est loin l’Amérique ? Ne te laisse pas faire ! Ne te laisse pas mener par le bout du nez ! Pense par toi-même, agis, parle, vote !

C’est loin l’Amérique ? (2)

C’est loin l’Amérique ?

C’est loin l’Amérique ?

Personne ne conteste la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique (ÉUA). Étant donnés leur place et leur rôle dans le monde, il est évident que cette élection est importante pour les Étasuniens d’abord mais aussi pour les Français, les Européens et tous les habitants de la planète.
Il suffit de penser aux réticences de Donad Trump sur le réchauffement climatique et de se souvenir du rôle des ÉUA à Kyoto et à Copenhague…

Au lendemain de l’élection de Barack Obama, le premier président noir des ÉUA, beaucoup se sont faits des illusions, comme ici après la victoire des bleus, blacks-blancs-beurs, toute proportion gardée quant à l’événement. L’élection de Barack Obama n’avait pas la signification que beaucoup avaient voulu lui donner.

Il a intégré la sphère dirigeante des ÉUA.
En huit ans, sa politique n’a pas changé profondément les ÉUA. Et, quel que soit le jugement porté sur cette politique, Barack Obama avec ses équipes est, en partie, responsable de la victoire de Donald Trump. Il n’a pas réussi à réduire la division du peuple étasunien que Hilary Clinton découvre après sa défaite.

Il en est de même en France. Quoi que pense Jean-Christophe Cambadélis des enfantillages de la gauche dont il a parlé récemment, quels que soient les résultats de la prochaine élection présidentielle, François Hollande et le Parti socialiste en sont fortement responsables. Surtout qu’ils disposaient, un moment, de tous les pouvoirs politiques : présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale, majorité de gauche au Sénat, majorité dans tous les conseils régionaux (excepté Alsace et Guyane).

Les électeurs étasuniens qui ont élu Barack Obama hier, sont ils si différents de ceux qui ont élu Donald Trump aujourd’hui ?
Hilary Clinton a recueilli plus de voix (60 839 922 soit 47,8%) que Donald Trump (60 265 858 soit 47,3%) mais n’a obtenu que 228 grands électeurs contre 290 pour Donald Trump quand il en faut 270 pour être élu dans ce scrutin indirect.

Ce phénomène s’est produit 5 fois aux ÉUA, dont la dernière, en 2000, lors de l’élection de George W. Bush grâce aux résultats de la Floride entachés, en plus, de fraude électorale ce qui n’est pas le cas cette fois. Al Gore avait aussi recueilli au niveau national environ 500 000 voix de plus que George W. Bush. C’est dire une certaine constance de l’équilibre démocrates-républicains.

Par ailleurs, Barack Obama a dû composer avec le Congrès n’ayant pas la majorité. En même temps que l’élection présidentielle, des élections avaient lieu, pour le Sénat et la Chambre des représentants. Si les Républicains conservent la majorité qu’ils avaient sous la présidence de Barack Obama, ils perdent cependant quelques sièges dans les deux assemblées, ce qui ne traduit pas un grand changement dans l’électorat.

Composition du Sénat

Parti

Avant l’élection de novembre 2016 Après l’élection de novembre 2016
Parti démocrate

44

46

Parti républicain

54

52

Indépendant

2

2

Total

100

100

https://ballotpedia.org/United_States_Congress_elections,_2016

Composition de la Chambre des représentants

Parti

Avant l’élection de novembre 2016 Après l’élection de novembre 2016
Parti démocrate

186

194

Parti républicainn

246

241

Vacant

3

0

Total

435

435

https://ballotpedia.org/United_States_House_of_Representatives_elections,_2016

Comparant les résultats des sondages sortie des urnes de 2012 lors de l’élection qui opposait Barack Obamam à Mitt Romney et ceux de 2016, la proportion des Africains-Américains (7-8%), des Latino-américains (27-29%) et des jeunes (38-37%) qui ont voté pour Mitt Romney ou Donald Trump est identique. Par contre dans ces mêmes populations, les résultats de Hilary Clinton sont inférieurs à ceux de Barack Obama de 5 à 6 points.
En 2016, plus de 7 millions de voix (5,44%) se sont portées sur les petits candidats alors qu’ils n’étaient que 2,2 millions (1,74 %). Des millions d’électeurs qui n’ont probablement pas voulu prendre position pour l’un ou l’autre des deux gros candidats.

Sondage Sortie des urnes : CNN

Hilary Clinton

Donald Trump

Barack Obama

Mitt Romney

Africain-américains

88

8

93

7

Latino-américains

65

29

71

27

Age 18-29 ans

54

37

60

37

En regardant les chiffres, on peut dire que les équilibres n’ont pas changé profondément, que les résultats témoignent plus d’une désaffection pour la personnalité de Hilary Clinton qu’une poussée des Républicains ni à la présidentielle, ni lors des élections pour le Sénat ou la Chambre des Représentants.
Ce sont le système électoral, les thèmes et les termes de la campagne de Donald Trump, la position hégémonique de la classe politique, des démocrates aux républicains, au nez pincé, de l’aveuglement des sondages, de l’hégémonie de la presse qui font de cette élection un échec de tous les compétents.

Alors que l’électorat national se divise à parties égales entre démocrates et républicains, plus de 200 journaux ont pris position pour Hillary Clinton, contre six seulement pour Donald Trump d’après Jean-Bernard Cadier, correspondant BFMTV à Washington. C’est là une tâche importante sur la démocratie malgré l’existence du suffrage universel.
Non seulement, et ceci explique peut-être cela, cette presse soutenait Hilary Clinton, vantait sa compétence et en plus annonçait, les sondages aidant, sa victoire. Et même la possibilité pour le parti démocrate de reconquérir le Congrès !

Ni les thèmes abordés par Donald Trump, ni son vocabulaire, ni son comportement personnel n’ont éloigné les électeurs malgré la pression constante des media. Ce qui est le plus spectaculaire, ce sont les prises de position de la presse et les commentaires des grands compétents internationaux. Leur assurance pour se tromper, pour expliquer pourquoi ils se sont trompés, pour nous assurer qu’ils ont compris…
A rendre crédible n’importe quelle information sur la toile !

Le 8 novembre, plus de 150 questions, variables suivant les États, ont été posées aux électeurs par référendum.
Alors que le salaire minimal est de 7,5 dollars de l’heure pour l’ensemble des États-Unis, il a été porté de 8,05 à 12 dollars d’ici 2020, par 59 % des votants dans l’Arizona où Donald Trump l’a remporté avec 49,5% des voix, de 8,31 à 12 par 55 % dans le Colorado où Hilary Clinton l’emportait avec 47,2%, de 7,5 à 12 par 55 % dans le Maine (Clinton 47,9 %), de 9,47 à 13,5 dollars par 60 % dans l’État de Washington (Clinton 54,9%).
Le port d’arme a été limité par 71 % des votants dans l’État de Washington, (Clinton 54,9%), par 67 % en Californie (Clinton 61,5%) et le Nevada par 50 % (Clinton 47,9).
Autrement dit, dans ces États, ces mesures ont été adoptées par une partie importante des citoyens qui n’ont pas voté pour le même candidat à la présidentielle.

Comme souvent, ce qui se passe aux ÉUA arrive quelque temps plus tard en Europe. Beaucoup se demandent s’il faut s’attendre à des résultats similaires ici, d’autant que des élections importantes doivent avoir lieu dans les mois qui viennent : référendum en décembre en Italie, élections au printemps en France et aux Pays-Bas, à l’automne prochain en Allemagne.

Bien entendu, la presse française n’a pas fait mieux que la presse étasunienne. Ils se sont contentés de commenter les sondages et les commentateurs des sondages. Ils sont prêts à recommencer. A vrai dire, ils n’ont pas arrêté. Le spectacle est continu.

Papa, c’est loin l’Amérique ? Ne te laisse pas faire ! Ne te laisse pas mener par le bout du nez ! Pense par toi-même, agis, parle, vote !

PS : Complément :

1 une étude plus complète sur la presse étasunienne : https://www.les-crises.fr/usa-le-soutien-des-journaux-pour-la-presidentielle/

2 un article intéressant de Michael Moore qui annonçait la victoire de Donald Trump : http://www.huffingtonpost.fr/michael-moore/cinq-raisons-pour-lesquelles-trump-va-gagner/

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Face aux gros partis de gauche en très mauvais état, quel que soit le jugement qu’on porte sur leur ligne politique, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Les Verts, le Front de gauche (FdG) ont pensé, chacun à son tour, que le moment était venu de prendre une initiative pour se développer. Avec le même insuccès. C’est, aujourd’hui, le cas de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.

Les résultats électoraux du Parti communiste (PC) se détériorent depuis 1978. Cette baisse continue s’est accentuée avec la victoire de François Mitterrand et la disparition de l’Union soviétique. Le PC n’incarne plus l’espoir de classes populaires.
Quant au Parti socialiste (PS), en cette fin du quinquennat de François Hollande, il est dans un désarroi pire que celui qui a suivi le passage au pouvoir de Guy Mollet : sans ligne politique, sans candidat naturel, ni légitime qui fasse une relative unité dans ses rangs et avance des propositions pour l’avenir du pays.
De ce relatif vide politique est née l’idée qu’il existe un espace à coté ou à la place des partis traditionnels.

Le moment LCR
La décadence électorale du PC peut se lire aussi bien au niveau du résultat des présidentielles que des législatives. La baisse du nombre de députés et de mairies est moins importante que celle du nombre de voix par suite de la persistance de quelques isolats, plus forts, et d’accords électoraux.

Tableau 1 : Pourcentage des suffrages exprimés obtenus par le PC aux élections présidentielles

1981

1988

1995

2002

2007

15,35

6,76

8,64

3,37

1,93

Tableau 2 : Pourcentage des suffrages exprimés et nombre de députés obtenus par le PC aux élections législatives

1978

1981

1986

1988

1993

1997

2002

2007

2012

Voix en %

20,61

16,17

9,78

11,32

9,30

9,92

4,82

4,29

6,91

Nb députés

86

44

35

27

24

35

21

15

7

Le relatif succès du candidat de la LCR, Olivier Besancenot, à deux présidentielles successives 1 210 562 voix soit 4,25 % des suffrages exprimés en 2002 et 1 498 541 voix soit 4,08 % en 2007, a fait du parti trotskyste le deuxième parti de gauche quand le PC, avec Marie-George Buffet, s’effondrait à 1,93 % ainsi que Lutte ouvrière (LO), l’autre parti trotskyste, avec Arlette Laguiller à 1,33% en 2007 contre 5,72 % en 2002.
La LCR décide alors de se dissoudre, de s’ouvrir en créant le Nouveau parti anticapitaliste  (NPA). Lors de sa création en février 2009, il compte 9 123 cartes, soit près de 3 fois les effectifs de la LCR.

Si les résultats des élections européennes de 2009, 840 713 voix, soit 4,88 %, malgré l’absence d’élu, sont dans le prolongement de ceux des présidentielles de 2002 et de 2007, ils ne constituent pas la percée espérée. Les élections suivantes vont signer l’échec de l’ouverture : 3,4 % lors des régionales de 2010 et 1,15 % à la présidentielle de 2012 (Philippe Poutou remplaçant Olivier Besancenot). Et lors des élections européennes de 2014, le NPA ne dépasse pas 1 %.
Échec confirmé, au niveau de l’organisation, le nombre d’adhérents du NPA, lors du congrès de 2013, 4 ans après sa création, tombe à 2 500.

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

La poussée électorale de la LCR, avec la candidature d’Olivier Besancenot a précédé la tentative de mutation mais n’a pas eu de suite. LO a connu une poussée identique lors des élections présidentielles de 1995, 5,30 % et 5,72 % en 2002 avec Arlette Laguiller et le même retour à la normale en 2007 avec 1,33 %.
Ces bons résultats de LO d’abord, de la LCR ensuite tiennent probablement plus à la personnalité d’Arlette Laguiller et d’Olivier Besancenot qu’à leur programme bien que, en 2002, leurs résultats associés atteignent presque 10 %.

La tentative de mutation du NPA, nature et pratique, élargissement et transformation, verdissement de la ligne rouge révolutionnaire/anticapitaliste, n’a porté ses fruits ni au niveau électoral, ni au niveau militant. Il n’a pas réussi sa percée comme meilleur et nouveau parti révolutionnaire d’opposition.

Le Moment Les Verts

Presque en même temps, une autre partie est en cours chez Les Verts, après les élections municipales de 2008, pour élargir leur audience. Daniel Cohn-Bendit propose de constituer des listes ouvertes Europe-Écologie pour rassembler largement les écologistes aux élections européennes de 2009. Elles obtiennent des résultats remarquables, 2 803 759 voix soit 16,3 %, arrivant en troisième position, juste derrière le PS (2 838 160 voix et 16,48 %). Et devant dans l’Île de France. Avec 13 députés européens pour Europe-Écologie, 14 pour le PS, 3 pour le PC et 1 pour le Parti de gauche (PG).
Aux régionales de 2010, Europe Écologie récolte, au 1er tour, 2 372 379 voix soit 12,2 % des suffrages exprimés.

En novembre 2010, Les Verts disparaissent pour donner naissance à Europe-Écologie-Les-Verts (EELV) qui regroupe les Verts et tout ceux qui veulent participer à l’aventure sans adhérer aux Verts. Mais dés le départ des tensions, entre les anciens Verts et la « coopérative », regroupant les nouveaux adhérents, montrent que la fusion n’a pas eu véritablement lieu entre les anciens et les nouveaux.

Aux élections européennes de 2014, EELV n’obtient que 8,95 % des voix, au lieu de 16,28 en 2009 et seulement 6 députés. Mais, il est vrai, Daniel Cohn-Bendit qui portait Europe Écologie en 2009, s’est déjà éloigné.

Comme pour le NPA, le plus grand succès de EELV, élections européennes de 2009, précède sa création, officialisée en 2010. Lors de l’élection présidentielle de 2012, après une primaire qui l’a élue comme candidate, Eva Joly n’obtient que 2,31 % (828 345) des voix au premier tour, supérieur au score de Dominique Voynet en 2007 (576 666 voix soit 1,57%) mais nettement inférieur aux espérances et au projet d’EELV.

Cependant, grâce au PS, EELV fait élire 10 sénateurs en 2011 et 17 députés avec le soutien du PS dans une soixantaine de circonscriptions aux législatives de 2012. EELV obtient ainsi un groupe parlementaire au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Victoire à la Pyrrhus ? Car, désormais, EELV est engagé dans un partenariat conflictuel avec le gouvernement qui va entraîner des remous et l’affaiblir : participation au gouvernement dans un premier temps (2012-2014), refus de participation dans un second (avril 2014, gouvernement Valls), dissidence de parlementaires et de la secrétaire nationale qui entrent au gouvernement…

Proportionnellement au nombre d’adhérents, EELV est, probablement, le parti qui a fourni le plus de ministres durant le quinquennat. Pour un parti qui voulait faire de la politique autrement… Ces variations serpentines ne donnent satisfaction ni aux partisans d’une totale autonomie vis à vis du du PS, ni à ceux qui veulent un alignement sur celui-ci et participer au gouvernement. D’où fuite des adhérents, démission de parlementaires et de certaines personnalités…

Si les effectifs de EELV varient suivant les interlocuteurs de 3 000 adhérents d’après Emmanuelle Cosse, ancienne secrétaire nationale, à 8 000 selon Sandrine Rousseau, porte-parole, contre 16 000 en 2010… la comparaison du nombre de participants au premier tour des primaires en 2011 et en 2016, ouverte aux sympathisants, permet de se faire une idée du rayonnement de l’organisation.

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Sur le tableau 3, on peut de voir que le nombre d’inscrits et de participants a diminué de moitié entre ces deux dates. Certes, le duel Eva Joly-Nicolas Hulot constituait une affiche incitant plus à la participation que la compétition entre Cécile Duflot, seule candidate de la primaire à être connue nationalement du fait de ses anciennes fonctions à EELV et au gouvernement et 3 concurrents aussi peu connus, en dehors des militants, que les députés européens en France, quelles que soient leurs qualités. Ce que confirme le pourcentage des suffrages favorables aux 2 candidats arrivés en tête : 90 % en 2011, 66 % en 2016.

Tableau 3 : Résultats de la primaire organisée par les Verts en vue de la présidentielle en 2011 et 2016.

2011

2016

Candidats

Voix

%

Candidats

Voix

%

Eva Joly

12 571

49,74

Yannick Jadot

4 395

35,61

Nicolas Hulot

10 163

40,22

Michèle Rivasi

3 723

30,16

Henri Stoll

1 269

5,02

Cécile Duflot

3 013

24,41

Stèp. Lhomme

1 172

4,64

Karima Dellii

1 212

9,82

Inscrits

32 896

100

Inscrits

17 146

100,00

Participation

25 437

77,33

Participation

12 582

73,38

Exprimés

25 274

22,67

Exprimés

12 343

98,10

Les résultats de cette primaire permettent de dire que la candidate considérée par beaucoup comme la plus légitime, certains pensaient qu’elle serait élue au premier tour, a été rejetée par plus de 75 % des suffrages exprimés. Qu’il faudra beaucoup de talents au candidat ou à la candidate de EELV pour se faire entendre lors de l’élection présidentielle. Que le rêve d’un élargissement a échoué au moment où l’écologie est, plus que jamais après les accords de Paris, sur la place publique et dans l’esprit de tout un chacun.

Le Moment FdG

Le NPA voulait devenir un parti révolutionnaire qui compte, comme le PCF à une certaine époque. EELV voulait entrer dans la cour des partis à vocation gouvernementale dépassant le stade du strapontin. Le FdG avait une autre ambition devenir la première force à gauche.
La méthode est aussi différente. La LCR voulait une croissance sous contrôle, pour se dépasser : la LCR en plus grand. EELV a été impulsé par une forte personnalité qui était plus à l’extérieur que dans le parti des Verts et qui voulait modifier à la fois sa ligne et son fonctionnement. Qui était plus imaginatif que structurant.

Le FdG était un cartel électoral pour les élections européennes de 2009, au départ… Il regroupe plusieurs organisations dont la principale est le PC et son réseau national de militants et d’élus, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU). Puis la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), République et socialisme, Parti communiste des ouvriers de France, Gauche anticapitaliste et Convergence et Alternative, venues du NPA, et Alternatifs.

Le FdG obtient des résultats variables suivant les élections mais loin de son ambition : 6,47 % et 5 élus aux européennes de 2009 (3 PC dont 2 sortants, 1 PG, Jean-Luc Mélenchon, 1 élue de la société civile) ; 5,84 % aux régionales de 2010 ; 10,38 % aux cantonales de 2011 : 6,91 % et 10 élus (7 PC, 2 FASE, 1 PG) aux législatives de 2012.

Ce qui fait date, c’est le résultat de l’élection présidentielle de 2012 où le candidat du FdG, Jean-Luc Mélenchon, obtient 11,11 % des suffrages soit 3 985 298 voix, et se classe en quatrième position. Pour la première fois, depuis l’élection présidentielle de 1981 et les 15,35 % de Georges Marchais (PC), un candidat à la gauche du PS franchit la barre des 10 %. Ce succès n’a pas de suite lors des élections suivantes : 6,61 % et 4 élus aux européennes de 2014 et aucune liste n’obtient 3 % lors des régionales de 2015.

Ces résultats exacerbent les désaccords entre le PC qui cherche des alliances larges, surtout en direction du PS pour s’assurer l’élection ou la réélection d’élus locaux, et une ligne autonome en opposition avec le PS. C’était déjà visible aux régionales, cela devient évident pour les municipales de 2014 où les alliances sont différentes suivant les villes, en fonction des intérêts locaux, enlevant toute cohérence à une ligne FdG.

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

Le Moment La France Insoumise

La présidentielle approche. Les primaires de la droite et du centre, de EELV, du PS occupent l’espace médiatique. Le PS est un champ de ruines en plein désarroi. A bout de souffle. Va-t-il continuer, faisant les fonds de tiroir à chercher un candidat ou une candidate expiatoire ayant le courage d’assumer toute la misère du PS. Et son enterrement pour un bout de temps. Ou l’urne magique de la primaire livrera-t-elle un candidat ou une candidate capable de tracer un nouveau projet et faisant l’unité de toutes les écuries du PS ? Le PC est-il prêt à une alliance avec le PS, quelle que soit son orientation, pour assurer la survie difficile de quelques mairies et sièges parlementaires ?

Constatant la mort de fait du FdG, Jean-Luc Mélenchon quitte la direction du PG, confirme, en février 2016, sa candidature à la présidentielle en dehors de tout parti et lance le mouvement citoyen la France insoumise.

Le but de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon, à l’évidence, n’est pas de renforcer un parti. Puisque c’est une initiative individuelle, sans base partidaire même si le PG et quelques petits partis de gauche apportent immédiatement leur soutien. Jean-Luc Mélenchon place la barre très haut. Il veut, par cette candidature gaullienne, au delà des partis, être qualifié au premier tour et ensuite élu à la présidence.

La France insoumise réunit toutes les personnes qui soutiennent la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Elles doivent, à partir de L’Humain d’abord, programme électoral du FdG de 2012, élaborer le programme de 2017, L’Avenir en commun : partage des richesses, planification écologique, sortie des traités européens et… du nucléairePlus de 3000 amendements ont été proposés par internet…
Une nouvelle étape a été franchie avec la réunion de la Convention, à Lille, avec un millier de participants dont 650 ont été désignés par tirage au sort, à parité, à partir de volontaires, parmi les 130.000 soutiens à la candidature. Les autres sont des syndicalistes, militants écologistes et sociaux et des membres de mouvements politiques.

La démarche de Jean-Luc Mélenchon est par certains cotés paradoxale : utiliser la monarchie constitutionnelle de la V° République pour passer à la Constitution de la 6°, s’engager dans une campagne hors des partis quand on a été militant pendant des décennies dans un parti…

Mais le moment France insoumise est bien différent des moments précédents. Quant aux méthodes, avec la participation des soutiens à la candidature, tirés au sort pour participer directement à la Convention, quant au programme qui a progressé en faisant de l’écologie une question centrale, quant à l’utilisation des moyens informatiques pour suivre la Conventions en direct… .

Reste à savoir si la France insoumise arrivera à déclencher une véritable révolution citoyenne, permettra à Jean-Luc Mélenchon de collecter les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle, les conflits avec le PC ne faciliteront pas les choses. Il a été dit récemment qu’il en avait 270. Il doit tripler le nombre de voix du premier tour de 2012 pour participer au second tour et bien plus pour être élu…
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que si, la présidentielle est la mère de toutes les élections, les législatives auront lieu peu après. La France insoumise doit se préparer, dès aujourd’hui, à présenter des candidats (choisis par tirage au sort ?) dans toutes les circonscriptions pour organiser le soutien au nouvel élu en cas de victoire ou la résistance en cas de défaite.

Le moment La France insoumise est en cours, pour aboutir, il lui faut susciter une véritable révolution citoyenne !

Pour la gauche, est-ce enfin le bon moment ?

La droite donne le tempo

La droite impose le tempo

La droite impose le tempo

La révolution conservatrice, libéralisation économique et financière, avec toutes ses conséquences au niveau social, a conquis le monde, non seulement les conservateurs mais aussi les partis de la gauche de gouvernement. Désormais, il est difficile de faire la différence entre une politique économique et sociale de droite ou de gauche. La question du chômage perdure depuis 30 ans et les inégalités ne font que croître à l’échelle nationale et mondiale.

Étant donnée l’incapacité des précédents présidents de la République et gouvernements, de droite ou de gauche, à faire baisser le taux de chômage en France dans le passé, il est peu probable que de nouvelles propositions soient avancées par les partis de gouvernement. Cela supposerait qu’ils remettent en question les contraintes budgétaires des traités européens qu’ils considèrent comme intouchables. Tout autant que l’intérêt des catégories sociales dominantes dont ils sont les représentants.

Comme lors du premier débat pour la primaire de droite et du centre, ils proposeront de diminuer les impôts, de diminuer le budget de l’État, et donc le budget social, le nombre de fonctionnaires en supprimant des services ou en les privatisant. Le concours sera à celui qui respectera le plus rapidement possible les règles du traité de Maastricht sur le déficit, la dette, la balance commerciale…

Cette politique et ses conséquence sociales – augmentation du nombre de pauvres, des riches chaque jour plus riches – entraîne, dans la plupart des pays, la montée d’un sentiment d’abandon, le rejet de la politique et surtout des politiques… Ce dont témoignent l’augmentation du nombre de citoyens qui ne s’inscrivent pas sur les listes électorales, qui s’abstiennent parce que cela ne sert à rien de voter ou qui votent pour des formations non gouvernementales.

Toute autre politique suppose un affrontement avec la tutelle de Wolfgang Schäuble et un changement des règles budgétaires ou une sortie des normes de l’Union européenne. Il n’est possible que de se soumettre ou d’affronter. Pour beaucoup, le choix est déjà fait.

D‘autant que les candidats à la candidature peuvent difficilement incarner le renouveau. A la primaire de droite et du centre, sur les sept candidats, six ont participé à la politique de la droite au pouvoir : l’un comme président de la République, avec un avenir judiciaire, deux comme premiers ministres dont un avec un passé judiciaire, trois comme ministres (Jean-François Coppé 2002, NKM 2007, Bruno Le Maire 2008).
Les choses sont légèrement différentes dans l’autre parti gouvernemental, le PS qui n’a pas empêché la poursuite de la politique de François Hollande depuis le début du quinquennat. Pour le moment, en attendant une éventuelle candidature de François Hollande, six personnes se sont déclarées dont 2 ont démissionné du poste de ministre pendant le quinquennat.

 

La droite impose le tempo

Les sondages ont persuadé tous les prétendants à la candidature que l’extrême droite est déjà qualifiée pour le second tour de la présidentielle. La question est donc qui l’affrontera avec toutes le chances d’accéder à la présidence de la République par suite du tout sauf Marine Le Pen que tout le monde pense qu’il est, encore ?, largement majoritaire dans l’électorat, sondages à l’appui.

Lors de la campagne de 2012, Nicolas Sarkozy, malgré le tout sauf Sarkozy, important à l’époque, avait pu dépasser Marine Le Pen en reprenant une partie de ses arguments. Et il échouait de peu lors du second tour (48,36% contre 51,64 %). Apparemment la même tactique emploe aujourd’hui, avant d’annoncer et après avoir annoncé sa candidature, en multipliant déclarations sur l’immigration, l’identité nationale… Il n’est pas sûr qu’il ait le même succès. Il y a, cette fois, une primaire de droite, difficile à gagner, et un candidat à cette primaire qui a surpris et qui a pu apparaître plus sérieux, plus posé et tout aussi droitier que lui.

Les dernières élections présidentielles devraient conduire à disqualifier d’un point de vue démocratique, l’élection présidentielle et encore plus l’élection présidentielle dans le cadre de la Vième République qui n’institue aucun contre-pouvoir et fait du président élu un monarque républicain. Phénomène encore accentué par la place dans le calendrier des élections législatives.

En dehors de cette malformation congénitale, il faut ajouter l’usage qui en été fait : quel voyant extralucide pouvait prévoir, en 2012, la politique que suivrait François Hollande pendant son quinquennat. Quant à Nicolas Sarkozy, comme il a tout dit et son contraire…

La droite impose le tempo

Mais la dangerosité de Nicolas Sarkozy est ailleurs. Elle est dans son extraordinaire énergie pour occuper l’espace médiatique par des déclarations tonitruantes qui font parler de lui, tous les jours, sa capacité à lancer des propositions, toujours plus à droite. Suivant les conseils de son ancien ami Patrick Buisson. Propositions auxquelles il ne croit pas obligatoirement, dont ils sait lui-même qu’elles sont quelquefois inapplicables mais qui laissent des traces dans les têtes.
D’autant que, aujourd’hui, ces thèmes sont repris, souvent avec les mêmes mots par la droite qui court après l’extrême droite et la gauche qui court après la droite !!! Et donc légitiment des paroles et des comportements très discutables.

Cette tactique a failli lui réussir en 2012 malgré le tout sauf Sarkozy. Il essaie de la reprendre en vue de 2017. Allant glaner le plus possible dans le jardin de Marine Le Pen, il a l’espoir de paraître plus crédible car plus susceptible qu’elle de vaincre au second tour. Et de faire passer certaines de ces propositions dans les faits.

Avec le risque de recentrer l’extrême droite.C’est un peu ce qui est apparu dans le premier débat pour la primaire de droite et du centre avec un Jean-Frédéric Poisson, plus à droite sur les questions sociétales, avortement, mariage pour tous, en accord sur de nombreux points avec Marion Maréchal-Le Pen, et beaucoup moins virulent, à la surprise générale, que la droite classique sur les fonctionnaires, les syndicats, les 35 heuresEn fait plus proche de l’extrême droite et plus convenable qu’elle et que Nicolas Sarkozy…

Pour le moment, malgré l’opposition de la population, d’après les sondages, l’importance des manifestations, répétées, l’obligation d’utiliser le 49/3 à l’Assemblée nationale, la loi Travail a été adoptée. Dans cette période préélectorale, le débat public ne porte pas sur les questions sociales mais sur des thèmes choisis par la droite : immigration, roman national, identité, questions sur lesquelles l’extrême droite et la droite sont souvent fort proches. Et sur lesquelles la gauche n’est pas toujours claire et capable de faire entendre un autre discours, cohérent et audible par de larges couches de la population.

La droite impose le tempo