Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour de cette élection présidentielle (2) : Emmanuel Macron, ancien banquier, champion de l’alignement sur les politiques européennes a le soutien d’Angela Merkel ; Marine Le Pen, opposée à l’Union est soutenue par toutes les forces européennes d’extrême droite.

Les deux partis de gouvernement, Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), qui ont successivement conduit la même politique depuis des années, sont exclus, officiellement et pour la première fois, du second tour d’une présidentielle. Mais tous leurs dirigeants apportent, paradoxalement, leur soutien à Emmanuel Macron, ancien conseiller, ancien ministre et candidat de François Hollande. Qui n’a pu se présenter à cette élection à cause d’une opposition aussi importante dans son parti qu’à droite et surtout à cause d’une impopularité inédite pour un président sortant !

Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron reçoit le soutien de la droite et de la gauche qui confirme bien qu’il y a une continuité politique quel que soit le gouvernement et sa couleur affichée. Cette politique aboutit à un progrès des résultats de la firme Le Pen à chaque élection présidentielle. Et il n’y a aucune raison pour que cela change.
Avec presque 7,6 millions de voix et 21,53 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen a obtenu le meilleur résultat de l’extrême droite à une présidentielle, en progression par rapport à ses résultats de 2012, 17,9 % et à ceux de Jean-Marie Le Pen, 16,9 % à l’élection présidentielle de 2002.
A terme, l’indifférence au mécontentement de la population, la certitude d’être dans le vrai quoi que disent les urnes, ici ou ailleurs, la persévérance sans infléchissement de la politique menée, conduit à creuser un fossé de plus en plus profond entre les politiques et les peuples. Qui, un jour ou l’autre, risque d’être explosif.

Cette élection présidentielle a connu de nombreuses premières, autant d’avertissements : un président de la République qui ne se représente pas en fin de mandat ; une première primaire de la droite qui élimine un ancien président de la République au premier tour et un ancien premier ministre au second ; une primaire de la gauche qui élimine plusieurs anciens ministres au premier tour et un ancien premier ministre au second ; un premier tour de la présidentielle qui élimine un ancien premier ministre de droite et un ancien ministre de gauche ; un premier tour qui voit arriver en tête du scrutin, un jeune candidat, sans aucun mandat électif, sans parti politique, se réclamant de l’extrême centre, entraînant dans son sillage une kyrielle d’anciens ministres et premiers ministres, permettant à François Bayrou de réaliser enfin son rêve centriste par personne interposée et de se faire un trou ministériel à défaut d’un mandat présidentiel, ce qu’il n’avait pas réussi en 2012.
Le dégagisme n’est pas seulement le fait de la France insoumise !

L’irruption du vote Mélenchon qui s’est invité dans la cour des Grands, montre que les choses pourraient changer. Ses résultats témoignent d’une progression importante, il passe de 11,1 % en 2012 à 19,6 % en 2017.
Mais cela n’a pas été suffisant. C’est donc un échec relatif par rapport au but recherché : il n’a pas réussi à détourner, à son profit, comme il se le proposait, une nombre significatif d’électeurs de Marine Le Pen et il n’arrive pas au second tour. Au niveau européen, le premier résistant de gauche à la politique austéritaire n’a probablement pas atteint le seuil nécessaire pour faire des émules. Même si la France insoumise constitue avec Podemos en Espagne une des rares forces organisées d’opposition de gauche à la politique des États de l’Union.

Quant aux petits candidats, deux se distinguent : à droite, Nicolas Dupont-Aignant qui avec ses 4,75 % aide l’obstiné François Fillon à n’arriver qu’en troisième position ; à gauche, Benoît Hamon avec le soutien douteux, on pourrait dire négatif, de son parti et l’alliance de EELV obtient les plus mauvais résultats du PS depuis sa création et retrouve presque les résultats de Gaston Defferre à la présidentielle de 1969 (5%).

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Pour le PS comme pour l’UMP, les lendemains du scrutin sont aussi douloureux avec des règlements de compte pour définir la ligne du parti et pour désigner les candidats aux élections législatives qui auront lieu dans quelques semaines.
Les résultats définitifs n’étaient pas encore annoncés que le procès en responsabilité de François Fillon était lancé. Par lui-même d’abord mais avec une autre tonalité que lors de la manifestation du Trocadéro. Ce n’était pas repentance absolution. Peut-être, repentance retraite ?  Aujourd’hui, les dents des jeunes loups qui avaient commencé à grincer au moment du doute, apparaissent sans fard.

Au PS, les choses ont commencé plus discrètement. Mais il est déjà question d’un nouveau congrès d’Épinay. Autour de qui ? Sur quelle ligne ? Il y a peu de chances que ce soit autour du candidat Benoît Hamon et de sa ligne. Alors, deux partis ? Un parti social-libéral et un parti social-écologiste ?

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il ressort de ce scrutin une accentuation de clivage entre les villes et les campagnes qui votent plus à droite. Mais la droite a laissé échapper une présidence qui lui était largement promise après un quinquennat que François Hollande a avoué indéfendable devant ses électeurs mais il a, d’une certaine façon, repris la main en contribuant à l’élection de Emmanuel Macron qui va continuer sa politique.
La droite a été exclue de la course à la présidence mais l’ensemble des voix de droite et d’extrême droite est largement supérieure à celui des voix de gauche, sauf à considérer toutes les voix de Macron comme des voies de gauche ! (3)

La désignation des candidats pour les législatives est la prochaine tourmente. Ce sont les législatives qui donneront ou non, au président de la République, les moyens de gouverner. Rien n’est acquis. C’est, probablement, au FN qu’il y aura le moins de remous. Même s’il peut y avoir, au-delà des concurrences ou des sentiments personnels, des divergences entre ceux qui veulent faire cavalier seul et ceux qui pensent que, pour arriver au pouvoir, il faut des alliances et donc des compromis.

Par contre, il faut s’attendre à d’âpres combats pour les places dans toutes les autres familles politiques.
Juppéistes et sarkozystes sont déjà à la manœuvre mais l’élimination de François Fillon fait naître de grands espoirs chez les quinquagénaires.
Il est fort probable que le PS va se déchirer et que les apparatchiks vont tout faire pour éliminer les frondeurs.
En marche va bénéficier du dynamisme des résultats électoraux mais souffrir des ralliements hétéroclites de notables qui ne veulent pas rester sur la touche.
Il y a fort à parier que le nombre de candidats, avec ou sans investiture d’un parti ou mouvement, sera élevé, dans chaque circonscription.

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !

Il y a peu de chances qu’il en soit autrement parmi les soutiens de Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant, il peut aussi bénéficier d’une certaine dynamique à la suite de ses résultats. Surtout dans les villes, ces résultats peuvent faire espérer une présence significative à l’Assemblée nationale, à condition qu’il y ait des candidats uniques dans chaque circonscription et que les déchirements ne soient pas les mêmes que dans les autres familles politiques.
Est-ce possible ? C’est nécessaire pour que les résultats de Jean-Luc Mélenchon à ce premier tour de la présidentielle ne soit pas le chant du cygne de la gauche.

On peut déjà regretter que Jean-Luc Mélenchon, au-delà de la déception de ne pas être présent au second tour, n’ait pas trouvé dans les résultats plus qu’honorables obtenus, la force, dés dimanche soir, de lancer un appel mobilisateur pour les législatives en continuation de la campagne présidentielle.

Les résultats de la présidentielle ne l’ont pas qualifié pour le second tour mais qualifient la France insoumise pour les troisième et quatrième tours et pour être la charpente de la gauche nouvelle, française d’abord et peut-être européenne.

1 – http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-la-presidentielle.html

2 – JDD 7h16, résultats quasi-définitifs, Emmanuel Macron 23,75%, Marine le Pen 21,53%, Fillon 19,91%, Mélenchon 19,64%, Hamon 6,35%. Nicolas Dupont-Aignan 4,75%, Jean Lassalle 1,22%, Philippe Poutou 1,10%, François Asselineau 0,92%, Nathalie Arthaud 0,65%, Jacques Cheminade 0,18%. Le taux d’abstention s’est élevé à 21,31%.

3 – Droite : Le Pen, 21,53, + Fillon 19,91 % + Dupont-Aignan 4,75 % +Lassalle 1,22 % + Asselineau 0,92 % + Cheminade 0,18 % : soit 48,51 %
Gauche : Mélenchon 19,64 % +Hamon 6,35 %, Pouto 1,1, Arthaud 0,45 : soit 27,74 %

Ce n’est qu’un début, le tsunami (1) continue !
In English

This is only the beginning, the tsunami (1) continues!

Emmanuel Macron and Marine Le Pen will be in the second round of this presidential election (2): Emmanuel Macron, former banker, champion of alignment on European policies has the support of Angela Merkel; Marine Le Pen, opposed to the Union is supported by all European extreme right-wing forces.

The two parties of government, the Socialist Party (PS) and the Republicans (LR), which have successively led the same policy for years, are excluded, officially and for the first time, from the second round of a presidential. But all their leaders paradoxically bring their support to Emmanuel Macron, former councilor, former minister and candidate of François Hollande. Who was unable to stand for election because of such an important opposition in his party as on the right and especially because of an unprecedented unpopularity for an outgoing president!

Facing Marine Le Pen, Emmanuel Macron receives the support of the right and the left, which confirms that there is a political continuity irrespective of the government and its displayed color. This policy leads to an improvement of the results of the firm Le Pen in each presidential election. And there is no reason for it to change.
With Le Pen’s best-ever extreme right-wing outcome at the presidential election, with an estimated 7.6 million votes and 21.53 percent of the votes cast, it was up from 17.9 percent in 2012, Those of Jean-Marie Le Pen, 16.9% in the 2002 presidential election.
In the long run, the indifference to the discontent of the population, the certainty of being in the real world, whatever the ballot boxes say here or elsewhere, the perseverance without any change in the policy pursued, leads to a deepening gap between Politicians and peoples. Which, one day or the other, is likely to be explosive.

This presidential election has seen many firsts, so many warnings: a President of the Republic who does not re-elect at the end of his mandate; A first primary of the right that eliminates a former president of the Republic in the first round and a former prime minister in the second; A left-wing primary that eliminates several former ministers in the first round and a former prime minister in the second; A first round of the presidential election that eliminates a former right-wing prime minister and a former left-wing minister; A young candidate, without any elective mandate, without a political party, claiming himself from the extreme center, bringing in his wake a series of former ministers and prime ministers, allowing Francois Bayrou To finally realize his centrist dream by interposed person and to make a ministerial hole in the absence of a presidential mandate, which he had not succeeded in 2012.
The degagism is not only the fact of France rebellious!

The emergence of the vote Mélenchon who invited in the court of the Great, shows that things could change. Its results show a significant increase, going from 11.1% in 2012 to 19.6% in 2017.
But that was not enough. It is therefore a relative failure with regard to the aim sought: he did not succeed in diverting a significant number of voters from Marine Le Pen to his advantage, as he proposed, and he does not arrive at the second round. At the European level, the first left-wing resistance to the austerity policy probably did not reach the threshold necessary to emulate. Even if France rejects with Podemos in Spain one of the few organized forces of opposition of the left to the policy of the States of the Union.

As for the small candidates, two are distinguished: on the right, Nicolas Dupont-Aignant who with its 4.75% helps the obstinate François Fillon to arrive in third position; On the left, Benoît Hamon with doubtful support, one could say negative, of his party and the alliance of EELV obtains the worst results of the PS since its creation and almost finds the results of Gaston Defferre in the presidential of 1969 (5% ).

For the PS as for the LR, the aftermath of the elections are also painful with settlements to define the party line and to designate the candidates in the legislative elections that will take place in a few weeks.
The definitive results had not yet been announced that the trial of responsibility of François Fillon was launched. By himself at first but with a different tone than at the time of the Trocadero. It was not repentance absolution. Perhaps repentance retreat? Today the teeth of the young wolves, who had begun to squeak at the moment of doubt, appear unprepared.

At PS, things started more discreetly. But it is already a question of a new congress of Epinay. Around whom? On which line? It is unlikely that it will be around candidate Benoît Hamon and his line. So two parties? A social-liberal party and a social-ecologist party?

The result of this election is an accentuation of a cleavage between the towns and the countryside, which vote more to the right. But the right has let escape a presidency which was widely promised to him after a quinquennium that Francois Hollande confessed indefensible before his voters but he has, in a certain way, taken the hand in contributing to the election of Emmanuel Macron who will continue his politics.
The right was excluded from the race for the presidency but all the right and far right votes is far superior to that of the left voices, except to consider all the voices of Macron as left lanes! (3)

The appointment of candidates for the legislative elections is the next turmoil. It is the legislative elections that will or will not give the President of the Republic the means to govern. Nothing is acquired. It is probably at the FN that there will be the least disturbance. Even though there may be, beyond competition or personal feelings, differences between those who want to go it alone and those who think that in order to reach power, alliances and compromises are necessary.

On the other hand, we must expect bitter fighting for places in all the other political families.
Juppeists and sarkozysts are already in the maneuver but the elimination of François Fillon gives rise to great hopes in the fifty years old people.
It is very likely that the PS will tear and that the apparatchiks will do everything to eliminate the slingers.
On the march will benefit from the dynamism of the electoral results but suffer from the heterogeneous rallies of notables who do not want to remain on the sidelines.
It is likely that the number of candidates, with or without the nomination of a party or movement, will be high in each constituency.

It is unlikely that it will be otherwise among the supporters of Jean-Luc Mélenchon.

However, it can also benefit from a certain dynamic as a result of its results. Especially in the cities, these results can hope to have a significant presence in the National Assembly, provided there are unique candidates in each constituency and that the rifts are not the same as in other political families.
Is it possible ? This is necessary so that the results of Jean-Luc Mélenchon in this first round of the presidential election is not the song of the swan of the left.

We can already regret that Jean-Luc Mélenchon, beyond the disappointment of not being present in the second round, did not find in the results more than honorable obtained, the strength, on Sunday evening, to launch a call Mobilizer for the legislative elections in continuation of the presidential campaign.

The results of the presidential elections did not qualify him for the second round but qualify France unbridled for the third and fourth rounds and to be the framework of the new left, French first and possibly European.

1 – http://pauloriol.over-blog.fr/2017/04/le-tsunami-de-l-presidentielle.html

2 – JDD 7:16, quasi-definitive results, Emmanuel Macron 23.75%, Marine le Pen 21.53%, Fillon 19.91%, Mélenchon 19.64%, Hamon 6.35%. Nicolas Dupont-Aignan 4.75%, Jean Lassalle 1.22%, Philippe Poutou 1.10%, François Asselineau 0.92%, Nathalie Arthaud 0.65%, Jacques Cheminade 0.18%. The abstention rate stood at 21.31%.

3 – Right: Le Pen, 21.53, + Fillon 19.91% + Dupont-Aignan 4.75% + Lassalle 1.22% + Asselineau 0.92% + Cheminade 0.18%: 48.51%
Left: Mélenchon 19.64% + Hamon 6.35%, Pouto 1.1, Arthaud 0.45: 27.74%

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