Europe : dernière issue ?

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Europe : dernière issue ?

Europe : dernière issue ?

Europe : dernière issue ?

Les questions européennes ont rarement été aussi présentes dans une élection française, y compris pour le Parlement européen.
Depuis quelque temps, l’Union européenne (UE) est un sujet à chaque élection nationale dans les États membres. Toute élection est devenue un test, un référendum pour ou contre l’appartenance à l’UE.

C’était un murmure, cela devient un grondement tant le mécontentement monte devant la politique suivie par les gouvernements. Et leur persévérance à faire la sourde oreille ne peut qu’accentuer la tendance.
Malgré les résultats aux référendums et élections, ils croient régler le problème en ignorant la volonté populaire. Ils ont raison, à court terme.

Le référendum sur le projet de constitution européenne de 2005 est exemplaire. Ayant perdu le référendum, la nomenclature politique nationale, aidée par la médiatique, a réparé prestement les errements du suffrage universel. Aujourd’hui, 8 candidats sur 11 sont classés eurosceptiques. Deux sont dans le quatuor pouvant parvenir au second tour, d’après les sondages.

Europe : dernière issue ?

Partout, la grogne monte et s’exprime, le plus souvent, à travers un vote favorable à la droite ou à l’extrême droite, raciste ou xénophobe. Ce que démontre une étude sur les résultats de près de 250 élections nationales en 15 ans, depuis 2001, l’extrême droite gagne du terrain. Jusque dans la très vertueuse Scandinavie : en Suède, Parti des Démocrates à 13 % et les Vrais Finlandais à 18 % en 2014 (1).

Au Danemark, le Parti populaire, d’extrême droite, confirme en 2014 et 2015 sa progression. Arrivé en tête avec 26,6 % (4 sièges au lieu de 2), lors des élections européennes de 2014, il arrive en deuxième place, aux élections législatives de 2015, avec plus de 21 % des voix et 37 sièges (+15), devenant pour la première fois, la principale force politique du bloc des droites.

Les résultats des dernières élections en Europe témoignent de la distance entre l’opinion populaire et les gouvernants qui l’ignorent. L’aveuglement de Cameron au Royaume-Uni est démonstratif. Le référendum qu’il a, malicieusement, suscité l’a éliminé en juin 2016.

Lors de la dernière présidentielle, autrichienne, en décembre 2016, l’élection du candidat vert a été célébrée comme une grande victoire parce que le jeune (45 ans) candidat d’extrême droite (FPÖ) n’avait obtenu que 46,4 % des suffrages !

Aux Pays-Bas, en mars 2017, le parti pour la liberté, PVV, de Geert Wilders, n’a pas obtenu les résultats que la presse annonçait. Il a seulement progressé de 15 à 20 sièges, devenant le deuxième parti au Parlement. Le parti libéral, VVD, du premier ministre, Mark Rutte, a perdu 8 sièges (33 au lieu de 41) et son allié le PvDA, 29 sièges (9 au lieu de 38). Il passe de la deuxième à la septième place au Parlement !
Mais la peur a été si grande que la presse transforme en un succès cette humiliante défaite, les partis gouvernementaux chutent de 79 à 42 sièges !
Les autres bénéficiaires du scrutin sont des partis ne participant pas au gouvernement.

Les eurocrates sont satisfait. La majorité n’a pas encore basculé. Aucune raison de changer de politique…

Mais les angoisses reviennent : des élections auront lieu dans les mois qui viennent : présidentielle et législatives en France, régionales en Allemagne au Schleswig-Holstein et en Rhénanie-du-nord-Westphalie en mai, législatives au Royaume-Uni, en juin, législatives en septembre en Allemagne et en Tchéquie, en octobre. Toutes ces élections vont peser, de façon différente, sur l’avenir de l’UE.

Europe : dernière issue ?

Dans l’actuelle élection présidentielle en France, 4 candidats qui ont des lignes politiques différentes, recueilleraient, chacun, autour de 20 % des suffrages.
Emmanuel Macron, souverainiste européen, ancien ministre de l’Économie du président Hollande et François Fillon, partisan d’une Europe intergouvernementale, ancien premier ministre du président Sarkozy. Et deux candidats, classés, Europe-sceptiques, l’une de droite, Marine Le Pen, et l’autre de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Cette configuration à 4 candidats, ayant à peu près autant de chances d’arriver au second tour et d’être éventuellement élus, si l’on en croit les sondages, n’est pas banale. Les choses sont habituellement plus simples : un candidat de gauche, l’autre de droite ou un européiste, face à un Europe-sceptique.

Les favoris des chancelleries sont Emmanuel Macon et François Fillon. Tous deux favorables à la politique du pacte de Deauville de 2010, c’est à dire à l’application énergique des Traités notamment au point de vue budgétaire, déficit public inférieur à 3 %, convergence, harmonisation des fiscalités…
Avec des nuances dans la gouvernance de la zone euro qui pourrait nécessiter un nouveau traité : ministre de l’Économie et des Finances de la zone euro, sous le contrôle d’un parlement de la zone euro, constitué de parlementaires européens des différents États (E.Macron), tropisme positif pour l’énergie nucléaire civile et militaire, et pour la Russie (Fr.Fillon)… Mais avec patience et souplesse, et nos ministres n’en manquent pas, les problèmes pourraient se résoudre ou rester en l’état…

L’élection de Marine Le Pen poserait d’autres problèmes. Car son programme comporte la reconquête de la souveraineté notamment monétaire, avec le retour à une monnaie nationale tout en maintenant l’euro comme monnaie commune. Marine Le Pen veut mener à bien des négociations en 6 mois – il est prévu 2 ans pour le Brexit – suivi d’un référendum…
Cette séparation sur une base d’indépendance nationale est une éventualité à laquelle l’UE devrait s’être préparée car c’est la question qui est soulevée par le Brexit, et dans de nombreux pays. L’organisation européenne est riche en compromis de tous genres sur toutes les questions… sur toutes les exceptions…

La question posée par Jean-Luc Mélenchon n’est pas dans le même registre. Il ne veut pas sortir de l’UE. Il veut abolir ou, au moins, modifier la politique socio-économique, austéritaire de l’Union. Ce qui ne peut se faire sans modification des traités. Il n’avance la sortie de l’Union que comme menace, pour dire qu’il ne fera pas comme Alexis Tsypras ou François Hollande, qu’il ne cédera pas au premier froncement de sourcil…
Les cartes sont sur la table. Plan A, plan B ? En sachant que la sortie de la France, que ce soit pour des raisons nationalistes ou des désaccords sur la politique socio-économique, sonnerait la fin de l’UE telle qu’elle s’est construite jusqu’ici.Les termes de la négociation sont connus de tous. Il est évident que s’il y a négociation, cela veut dire que tout n’est pas à prendre ou à laisser. Que l’issue de la négociation dépendra du rapport de force qui s’établira au lendemain de l’élection. De la fermeté des négociateurs. Des alliés éventuels. De la mobilisation des opinions publiques dans les différents pays.
La Grèce a été bien seule dans son bras de fer avec la Troïka. Les gouvernements de l’UE n’ont pas bougé. Et les opinions publiques si peu. Il n’existe pas d’espace public européen. Pourrait-il apparaître à cette occasion ? Que le tout sera entériné par référendum.

Europe : dernière issue ?

L’arrivée de Mélenchon au second tour, ou son élection, sont peut-être moins dangereuses que l’élection de M. Macron ou de Fr. Fillon. Celle-ci risque d’encourager la nonchalance des gouvernements européens dans leurs certitudes avec, à terme, le risque d’explosion de l’UE dans des circonstances imprévisibles. Une explosion des nationalismes serait catastrophique.

Une négociation avec J-L. Mélenchon, soutenu par l’opinion publique et plusieurs gouvernements, pourrait aboutir à une évolution de l’esprit des traités et à des politiques qui mettraient l’UE sur une autre voie et amélioreraient la situation des plus défavorisés.

C’est peut-être la seule solution pour l’Union européenne de ne pas sombrer.

1 – http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/02/01003-20161202ARTFIG00108-que-pese-reellement-l-extreme-droite-en-europe.php

Europe : dernière issue ?
Europe: the last issue?

European questions have rarely been as present in a French election, including for the European Parliament.
For some time, the European Union (EU) has been a subject at every national election in the Member States. Any election has become a test, a referendum for or against membership of the EU.

It was a murmur, it became a rumble, so much did the discontent rise to the policy followed by the governments. And their perseverance in turning a deaf ear can only accentuate the trend.
Despite the results in the referendums and elections, they believe they solve the problem by ignoring the popular will. They are right, in the short term.

The referendum on the draft European Constitution of 2005 is exemplary. Having lost the referendum, the national political nomenclature, aided by the media, quickly repaired the mistakes of universal suffrage. Today, 8 out of 11 candidates are Eurosceptic. Two are in the quartet that can reach the second round, according to the polls.

Everywhere, the grumbling rises and expresses itself, most often, through a vote favorable to the right or extreme right, racist or xenophobic. What a study shows on the results of nearly 250 national elections in 15 years, since 2001, the far right is gaining ground. Even in the very virtuous Scandinavia: in Sweden, the Democratic Party at 13% and the True Finns at 18% in 2014 (1).

In Denmark, the Popular Party, far-right, confirms its progress in 2014 and 2015. In the European elections of 2014, it came second in the 2015 legislative elections with more than 21% of the vote and 37 seats (+15), with 26.6% (4 seats instead of 2) , Becoming for the first time the main political force of the bloc of rights.

The results of the last elections in Europe testify to the distance between popular opinion and the rulers who are unaware of it. The blindness of Cameron in the United Kingdom is demonstrative. The referendum which he maliciously raised, eliminated him in June 2016.

At the last Austrian presidential election in December 2016, the election of the green candidate was celebrated as a great victory because the young (45) candidate of extreme right (FPÖ) had obtained only 46.4% Of the votes!

In the Netherlands, in March 2017, the Freedom Party, PVV, by Geert Wilders, did not achieve the results announced by the press. It only grew from 15 to 20 seats, becoming the second party in Parliament. The Liberal party, VVD, of the Prime Minister, Mark Rutte, lost 8 seats (33 instead of 41) and his ally the PvDA, 29 seats (9 instead of 38). It goes from the second to the seventh place in Parliament!
But the fear was so great that the press transformed this humiliating defeat into a success, the government parties fell from 79 to 42 seats!
The other beneficiaries of the ballot are parties not participating in the government.

The Eurocrats are satisfied. The majority has not yet changed. No reason to change policy ...
In the current presidential election in France, 4 candidates who have different political lines, would each collect around 20% of the vote.
Emmanuel Macron, European sovereignist, former Minister of Economy of President Hollande and François Fillon, an advocate of an intergovernmental Europe, former prime minister of President Sarkozy. And two candidates, ranked, Europe-skeptical, one right, Marine Le Pen, and the other left, Jean-Luc Mélenchon.

This configuration with 4 candidates, having almost as much chance of reaching the second round and possibly being elected, according to polls, is not trivial. Things are usually simpler: a left-wing candidate, a right-wing candidate or a Europeanist, facing a Europe-skeptic.

The favorites of the chancelleries are Emmanuel Macon and François Fillon. Both are in favor of the 2010 Deauville pact policy, ie the energetic application of the Treaties in particular from a budgetary point of view, public deficit below 3%, convergence, harmonization of taxation ...
With nuances in the governance of the euro area, which could require a new treaty: the euro zone's minister of economy and finance, under the supervision of a euro-zone parliament, made up of European parliamentarians from different E.Macron), a positive tropism for civilian and military nuclear energy, and for Russia (Fr. Fillon) ... But with patience and flexibility, and our ministers do not lack, the problems could be solved or 'state…

The election of Marine Le Pen would pose other problems. Its program involves the reconquest of monetary sovereignty, with the return to a national currency while maintaining the euro as a common currency. Marine Le Pen wants to carry out negotiations in 6 months - it is expected 2 years for the Brexit - followed by a referendum ...
This separation on a basis of national independence is a possibility that the EU should have prepared for as this is the issue raised by the Brexit and in many countries. The European organization is rich in compromises of all kinds on all questions ... on all exceptions .
 
But the anguish is back: elections will be held in the coming months: presidential and legislative in France, regional in Germany in Schleswig-Holstein and in North Rhine-Westphalia in May, legislative in the United Kingdom in June, legislative In September in Germany and the Czech Republic in October. The elections will be held in the coming months: presidential and legislative elections in France, regional elections in Germany in Schleswig-Holstein and the Rhineland North-Westphalia in May, legislative elections in the United Kingdom in June, legislative elections in September in Germany and the Czech Republic in October. All these elections will have a different impact on the future of the EU.


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